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t,c quel i I >ire, i dil Le laiton, « d'Alexandrie
Mil un riche marchand ; et je condui Ifl r i c t i -.
seau de marchandise*; vous n\ i jamais \u de plus
beau; et j'amenai iX de guerre et dix '
mulets, les monture* les plus ^ m wou
voyait v »trc frère qui gourerne tout le
et qui vous aime par dessus tout : mais le roi Macabre m'a
pris les chevaux et les mulets et I lait briser en deux et brûler mon vaisseau, en honte de vous, car il avait appris que vous vous prépariez a venir ici contre lui avec une nombreuse armée. Maintenant c'est un grand chagrin pour moi et pour vous un grand dommage que j volé, car il me semble que vous n'avez pas de si bon cheval que ceux qu'il m'a enlevés: il m'a tué tous mes matelots, mais j'ai réussi à m'eniuir. Je suis venu ici me plaindre de mes malheurs et de votre honte, afin que vous preniez vengeance de lui par un châtiment convenable.)) Quand2 Jubien entendit ce qu'il lui disait, il se mit la main sur la tête et jura : « Ainsi puissé-je conserver cette tête, » dit-il, « comme je te ferai rendre vingt pour un de ce qu'il t'a pris, et te ferai construire à ses frais un vaisseau aussi beau, avant que cette armée s'éloigne de sa ville. »
(LV) « Sire, » dit le larron ; « je ne me chagrinais pas de l'argent que j'ai perdu; mais mon seul chagrin est qu'il vous ait pris ces chevaux, si bons que jamais pareils n'ont été en votre possession. » « Ami, » dit Ju . ne te soucie pas des chevaux î quand tu aurais amené mille destriers ensemble, des meilleurs que tu aies vus ou entendu vanter, j'en ai un que je ne voudrais pas donner et échanger contre eux tous 3; et tu vas à l'instant venir le voir : il ne faut pas plus longtemps tarder. » Le roi le prit
i. D vingt; B cinq. — 2. C D ajoutent : le roi. — 3. C ajoute : et si tu m'offrais tout l'or d'Arabie, je ne voudrais pas vendre ce cheval.
alors par la main et le conduisit vers le cheva!. L'écurie était tellement disposée pourla commodité du cheval, qu'il était attaché avec une chaîne d'or, qui lui prenait la tête; sept païens le gardaient, et portaient tous leurs épées ' : si un homme vivant était assez téméraire pour mettre les mains sur le cheval \ ils le tuaient aussitôt. Jubien ■ prit alors la bride de son cheval ; sa tête et ses pieds étaient plus * blancs que neige, et sa crinière tout entière était jaune comme les plus beaux cheveux de femme, toute tressée en belles nattes et ornée de galons d'or. « Dis-moi, ami, » dit Jubien, * tes chevaux étaient-ils aussi beaux? » « Non, sire, » dit-il, « jamais je n'ai vu un autre cheval semblable à celui-ci ; jamais je n'en ai vu si convenablement soigné! » Puis il dit tout bas entre ses dents: « O toi, mon noble seigneur Elie, mon brave chevalier, si5 je puis venir à bout de ceci, tu pourras dire en vérité que jamais roi de France n'a eu pareil cheval. Mais ce cheval a sûre garde et trop forte défense. Que Dieu m'aide, car je vais tenter la chose, quoi qu'il doive en résulter pour moi. I
Dès que le larron r> eut vu le cheval, il ne pensa qu'au moyen de pénétrer auprès de lui. Quand on se fut rassasié a la table du roi, toute la suite s'en alla dormir, et quand toute l'armée fut plongée dans le sommeil, Galopin se leva, sans prendre aucun compagnon avec lui. Tout le monde dormait tranquille, car il ne pouvait venir à l'esprit de personne qu'il pût s'agir d'autre chose que de repos i au milieu d'une si grande et si terrible armée. Galopin arriva donc à l'écurie où était le cheval ; et il avait soigneusement fait attention à la porte et à la fermeture de la porte, quand le roi l'avait conduit là ; et
i. C B D tirées. — 2. C B D sur lui. — 3. C B Le roi Juben ; D Le roi. — 4. C B D blancs comme. — b. D veuille Dieu qu'Élie ait ce cheval, car alors il ne [lui | arriverait pas dommage. — 6. C B Galopin. — 7. D sécurité; B C ajoutent .et sécurité.
quand il entra, Lechevalqui M le connaissait pas s'effrava
fort, et m montri terrible, cl leri haut son pied et pensa
le frap] I mme un de se icn* qui s'était éveillé
le premier, se levait il fut at feint par le coup, et le <
1 atteignit ti fort qu'il ne remua plut jamais. Quand il fut
tombé, Galopin saisit l'épéc qui avait glissé de sa main, et tua tous ceux qui étaient là, sans qu'aucun d'eux pût dire un mot '. Puis il s'avança vers le cheval et voulut le saisir; mais lecheval le mordit, et l'attira à lui, et le leva en l'air et le jeta au loin de telle sorte qu'il tomba -que
mort. Galopin s'enfuit alors, et n'osait plus l'approcher. Lorsqu'il eut saisi l'épée qui lui était échappée, il alla vers le cheval et lui assena avec le pommeau quatre forts coups3 et dompta tout son orgueil ; et le cheval commença à se calmer, et Galopin lui mit la bride, enleva la chaine d'or de sa tête et prit la selle qui était là et la mit sur le dos
i. La phrase depuis s'eftraya est remplacée dans C B par . mais tous les gardiens dormaient ; alors Galopin arracha '. de la main de l'un d'eux, et assena au même le coup de la mort et ainsi l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'ils fussent tous morts. — 2. C B ajoutent : "Le cheval" s'agita terriblement et leva 11 et assena à Galopin un coup si fort qu'il tomba loin à terre. Galopin bondit et vint de nouveau au cheval et veut le saisir. Mais le cheval le prit et l'attira à lui [B il le saisit] avec les dents, et saisit B tellement] presque tout ensemble sa chair et ses vêtements [B ses vêtements et sa chair] ; et l'attira à lui et le jeta [B jette] en l'air si haut et si violemment que Galopin en reçut presque un coup funeste au toit de la maison. Mais il fit une chute si forte et si pesante sur le pavé, qu'il resta à terre privé de sentiment et presque mort, et quand Galopin arriva à se tenir sur ses pieds, il pensa à fuir, comme il le fit aussitôt ; et il ne s'aventura pas auprès [B ne s'aventurant nulle part dans le voisinage]; et comme il sortait de la maison, il pensa que c'était grande honte [B et ignominie] de ne pouvoir dompter un cheval ; et il pensa que cette impuissance ne passerait jamais. Il rentra de nouveau dans la maison; et prit [B ramassa] une épée et l'enfonça dans le fourreau et l'attacha soigneusement [B fortement]; il la saisit d'une main par le pommeau et de l'autre un peu plus loin ; puis il la brandit au-dessus de sa tête et en assena quatre coups au cheval.
la saga d'eue i ru
du cheval, et chaussa l'étrier, et sauta en selle. Quand le cheval commença à courir, Galopin tomba aussitôt à terre, et le cheval allait lui passer en courant sur le cou et la tête, quand, tout courroucé, Galopin le saisit par les rênes et l'emmena au plus vite avec lui ; et il maudit l'âme qui dans son enfance l'avait si mal élevé qu'il ne pouvait pas monter à cheval et ne le pourrait jamais.
(LVII) Galopin cependant s'en va, et il a le cheval avec lui. Jubien dort d'un sommeil qui lui sera fatal : devant son lit pend son épée au pommeau d'or. Galopin attacha le cheval, et se hâta vers la tente; et quand il arriva au lit de Jubien dormant, il saisit aussitôt l'épée et se la pendit à l'épaule; puis il tira l'épée plus d'à moitié, et il lui vint à l'esprit de tuer Jubien ; mais il ne lui sembla pas bien de le tuer pendant son sommeil, et il le laissa dormir en paix; il s'en alla avec le cheval et l'épée; et avant que le seigneur Elie fût éveillé, le cheval qu'il désirait si fort posséder était arrivé.
(LVIII) La nuit était passée et le jour levé; et il y eut grand bruit dans l'armée de Jubien, quand les gens ' s'aperçurent de l'absence du cheval, et ils coururent à la tente de Jubien avec cette nouvelle, et un païen lui dit : « Par ma foi, sire roi, tu dois être bien courroucé et affligé! tu ne peux jamais plus faire seller Prinsaut d'Aragon î t « Mahon puissant ! » dit le roi, « qui m'a fait ce grand tort ?>« Ainsi puissé-je jouir de la vie! » dit le païen, « c'est le méchant gredin qui vint ici hier soir. 11 n*a jamais été marchand ni messager d'autres pays ; c'est bien plutôt un mauvais larron et un traître espion, qui sait bien inventer mensonges et folies. Et il vous a volé aussi l'épée que le roi Gigant de Valterne vous avait donnée le jour que tu fis préparer un grand festin, et que Mahomet fut porté là-haut au sommet des rochers et
l.£ D ils.