‹ Élie de Saint Gille; chanson de gesteChapitre 60 sur 72 · LA · texte numérisé non relu

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Or toute l'armée qui avait suivi le roi Jubicn s'en vi el rctoui ne dans ses loyers vers Damas ; mais 1 .^osa-

monde M tenaient dans la plus haute tour de Sobrie, et prirent la résolution d'expédier Galopin. Demoiselle Hosamondc luit équiper un v insu de son perc; elle choisit pour cela les amis qu'elle savait lui être fidèles et qui déjà avaient voyagé. Dans une anse cachée, elle fait équiper et bien garnir le vaisseau, et le remplit d'hommes d'élite. Alors Klie écrit une lettre et l'envoie à son cher père et lui raconte ses voyages; il prie en même temps son père de lui envoyer de nombreux vaisseaux avec des hommes braves et bien armés. En même temps, il envoie à la hâte une lettre à sire Guillaume, à Bernard et à Ernaud, les priant de lui venir en aide, car il se trouve sous une surveillance si sévère qu'il ne peut s'échapper en aucune façon sans leur aide et leur assistance. Galopin part donc sur mer avec son vaisseau, il a un vent favorable ; il arriva en France, tout près du lieu où résidait le duc. Aussi Galopin lui fait au plus tôt une visite, lui apportant la lettre et le message du jeune Elie, et racontant en outre toutes lesaventures des voyages d'Élie, depuis le jour où il partit à cheval de la cour de son père, jusqu'au moment « où nous nous sommes séparés, » dit Galopin. Le duc alors se courrouce et s'afflige, et est en même temps content ; content de ce qu'Élie vit, mais affligé et courroucé de ce qu'il est retenu par les païens. La mère d'Elie et ' sa sœur pleurèrent douloureusement. Toute la suite était affligée; mais aussi, d'un autre côté, il semblait bon au duc de savoir

i. B D et sa fille.

où Elie est arrivé. Le duc souhaite la bienvenue à Galopin et à tous ses hommes : il y a alors un riche festin. Galopin est assis à côté du duc ; ils boivent gaiement tout le jour et toute la nuit. Galopin raconte toujours ses voyages et ceux d'Elie. Quand le soleil éclaira le monde, le duc se lève avec toute sa suite, et envoie de quatre côtés un ordre de lui, disant que de tous les châteaux qui sont dans tout son domaine, dans le délai d'un demimois, tout homme vienne à lui qui peut monter à cheval ou tenir une lance, combattre avec l'épée et briser une brogne; quiconque restera en arrière subira de grandes punitions. Le duc fait venir alors des chevaux richement harnachés : on monte à cheval. Galopin est placé sur une magnifique haquenée. Beaucoup de chevaliers du pays le suivent et tousses gens avec des épées tranchantes et des heaumes incrustés et des écus ornés d'or; ils avancent alors et ne se reposèrent pas avant de voir apparaître un magnifique château avec de grandes tours et de forts murs. Le maître en est le noble prince Guillaume, le plus renommé des hommes de France par ses qualités courtoises et sa chevalerie. Galopin entre et pénètre jusqu'à la salle de ' Guillaume ; là ils trouvent de nombreux écuyers pour les débarrasser de leurs chevaux et de leurs armes, et pour les bien garder.

Le duc vient à leur rencontre avec toute sa suite, habillée de velours, et invite Galopin à rester là avec tous ses gens aussi longtemps qu'il le voudra. Ils entrent dans la salle, et le duc désigne à Galopin une place auprès de lui. Galopin donne alors la lettre du jeune Elie et la lettre que le duc Julien envoyait à Guillaume; quand il a pris connaissance de la lettre d'Elie, il devient très joyeux et dit qu'il entreprendra volontiers ce voyage. Le duc alors les traite avec grande pompe, au milieu des réjouissances et des plaisirs les plus recherchés. Les uns jouent du psal-

i, B D du duc Guillaume.

térion et de la lyre, d'autres touchent de jcI-

ques uns battent du tambour, d'autres encore mutilent de U trompette; Let uns jouent aux tables, d'autres encore aux des. ensuite on mir. Au matin, aus

que le soleil réchauffa le monde de ses rayons brillants,

le duc se lève avec tous ses hommes, et t aussitôt

dans tout son royaume un ordre rapide, commandant à tous ses meilleurs hommes de venir à Orange1 dans le délai d'une semaine et taisant en même temps donner à Bernard et à Krnaud l'ordre de venir le trou • hommes choisis dans le délai qui a été indiqué plus haut. Guillaume fait monter les chevaux et préparer les polir les heaumes. Ainsi se passent sept jours; le huitième arrive à Orange une si grande quantité d'nommes que presque tous les logis furent pleins ; Bertrand est venu aussi, ainsi qu'Ernaud à la longue barbe et Bernard le bon chevalier. Il y a alors joie et plaisir d'être ainsi réunis beaucoup ensemble. Tous s'émerveillent surtout de la petite taille qui était échue à Galopin, et comment il tenait courtoisement son petit corps, et en force il ne le cède pas aux hommes les plus robustes. On boit gaiement toute cette journée, mais aussitôt que le matin vient, sire Guillaume fait armer tous les siens, au nombre de dix mille chevaliers. Alors Guillaume part avec sa troupe et ne s'arrête pas avant d'avoir trouvé le bon duc Julien dans son beau château, et devant il y avait une si grande troupe d'hommes qu'on pouvait à peine les compter. Le duc Julien vient au devant de Guillaume avec toute sa suite et toute espèce d'instruments de musique. Ils entrent ainsi dans la salle et boivent du vin, que des écuyers à l'air guerrier leur versent en grande pompe et avec des manières courtoises; il y a alors un beau festin. Galopin dit son message en présence de toute l'assemblée : sire Julien prie tous les hommes qui sont venus là de lui

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