‹ ʹElie DelaunayChapitre 2 sur 5 · L ARTISTE · texte numérisé non relu

L ARTISTE

Ulmann, Henner, de Coninck, Sellier, Gaillard étaient prêts à fixer sur leur toile son profil reposé, empreint de douce rêverie. L'aimable artiste préféra s'acquitter lui-même d'un devoir imposé par la tradition. Certain d'être plus vrai, plus sincère qu'aucun autre dans l'interprétation de ses traits, il a voulu peindre avec simplicité, d'une main contenue, le portrait, doublement précieux aujourd'hui, que nous plaçons en tête d'un adieu au maître trop tôt disparu.

Deux autres œuvres d'Elie Delaunay accompagnent notre texte. C'est d'abord un fin croquis représentant la Fortune. Ce dessin nous a été communiqué avec une parfaite bonne grâce par M. Destable, inspecteur de l'École des Beaux-Arts. D'autre part, nous devons à l'obligeance de M. Marionneau, correspondant de l'Institut, compatriote et ami d'enfance de Delaunay, de pouvoir placer sous les yeux du lecteur le motif principal du Saint Vincent de Paul, tableau d'autel peint pour l'église Saint-Nicolas, à Nantes. Il nous eût été facile, on le comprend, de reproduire ici quelques-unes des pages les plus célèbres du peintre maintes fois applaudi par la critique parisienne. Nous avons pensé mieux faire en fixant notre choix sur des compositions absolument inédites, dont le caractère permet toutefois d'apprécier le talent de Delaunay dans sa puissance et sa variété.

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