CHAPITRE I
quement ses alliés, sans avoir tenté de les convaincre et de les amener à une paix qui, à vrai dire, était surtout de l'intérêt de la France et semblait terminer à son heure et à son profit une guerre entreprise dan$ l'intérêt commun. Henri lY devait prévoir les résistances de ses alliés, mais il était de sa dignité de les prévenir par des conmiunications loyales et par de sages conseils. Des marques d^ attachement et des protestations de fidélité devaient adoucir cet inévitable dissenthnent, et lui. ôter jusqu'à l'apparence d'une défection qui eût été dommageable à l'honneur du roi de France* Il fallait surtout que la nécessité de cette paix pour la France fût mise en pleine lumière ; que les alliés fussent convaincus qu'il s'agissait moins encore de son intérêt particulier que de sa conservation et qu'elle avait le droit de l'assurer au prix de ses alliances. Il fallait enfin que l'offre de continuer la guerre, accompagnée de demandes que le roi pouvait faire et qu'il était certain de ne pas voir accueillir, vînt appuyer et légitimer sa détermina-
tion de conclure la paix. Ces ménagements^ qui touchaient à l'honneur de Henri IV, lui étaient en ipême temps dictés par ses espérances, par le soin d'un grand avenir sar lequel il se croyait le droit de compter, et pendant lequel il aurait besoin d'être assisté, ou du moins, cru et respecté par tout le monde. Il avait bien pu ne pas se piquer de fidélité religieuse au moment où l'intérêt religieux cessait de dominer les affaires de la France et celles de l'Europe ; mais il voyait avec raison dans sa bonne foi politiquç le plus honorable et le plus nécessaire instrument de ses desseins.
Bien que tout délai coûtât de grands maux à la France et ne fût pas sans danger pour une paix que l'Espagne pouvait cesser de désirer pendant quela France tardait à laconclure, Henri IV n'hésita pas à soumettre aux États et à la reine d'Angleterre ces commencements de négociation. C'était du côté d'Elisabeth qu'étaient ses plus vives appréhensions et, il faut le dire aussi, ses obligations les plu3 |g;randes. Il se sentait plus à l'aise en face des