CHAPITRE X
Provinces-Unies, non-seulement parce que les idées du temps permettaient aux princes de l'Europe et même à ses royaux alliés de ne point traiter cette jeune république sur le pied d'une complète égalité, mais encore parce qu'il avait joué jusqu'alors envers elle un tout autre rôle qu'envers la secourable Elisabeth.
Ce serait en effet s'abuser que se représenter les rapports des deux souverains comme dominés par Tamitié personnelle, par l'estime, par l'intérêt d'une cause commune. Ces sentiments y av^ent une part, mais non pas la plus grande ; tout y est subordonné du côté d'Elisabeth à l'intérêt exclusif de l'Angleterre ; du côté de Henri IV, d'abord à l'intérêt de son parti, ensuite à l'intérêt de la -' France. Aussi fut-il un temps où il leur eût été diflBcile de n'être point d'accord, où l'estime sincère qu'ils ressentaient l'un pour l'autre pouvait librement se donner carrière. C'est le temps où la cause ^e Henri (le Navarre et des réformés est aussi celle de l'Angleterre, où l'Angleterre se défend
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contre les Guises et la Ligue, où elle fait la guerre à r Espagne aux portes de Paris, comme elle la soutient sur ses rivages. Mais le règne incontesté de Henri IV, devenu le représentant de la France et des intérêts permanents de sa politique, devait inspirer à Elisabeth d'autres pensées et ne lui permettait plus de confondre ses sentiments avec ses ponseiis. Alors naissent de la situation nouvelle de Henri IV et d'une politique vraiment française ces questions de la possession de Calais, du remboursement des subsides, d'une rivalité d'influence aux Pays-Bas, en un mot les dissentiments naturels de la France et de l'Angleterre, augmentés des complications qu'y avaient apportées de longs services et une passagère confusion d'intérêts.
I^on-seulement le roi de France, catholique, ne pouvait oublier les obligations du roi de Navarre et du chef du parti protestant, mais il les avait accrues par des obligations nouvelles, en avait ravivé le souvenir par de continuelles demandes,