CHAPITRE IX. dl
maux de la France, la ruine du roi, sa vie continuellement et inutilement exposée. (It comme Garon répétait sans cesse qu'il ne s'agissait après tout que d'une année de persévérance, de Maisse lui répondit qu'en dehors de l'impossibilité où était la France de continuer la guerre, elle trouvait un avantage inestimable à ne point différer la paix qui lui était offerte à des conditions qu'on se lasserait bientôt de proposer. D'ailleurs, il était aisé de voir que la reine ne se souciait nullement d'assister la France ; si sa main lui était aussi loyalement tendue que celle des États, on pourrait attendre ; mais elle ne pensait qu'à ses affaires et il était temps de l'imiter. Garon insista alors sur l'intérêt évident qu'aurait la France & s'unir plus étroitement aux États par la continuation de la lutte commune. La crainte et la jalousie que cette union inspirait prématurément à la reine ne traçaient-elles point à la France le chemin qu'il lui importait de suivre? Ce n'était pas la première fois qu'elle se plaignait que les États aimassent mieux
le roi qu'elle. Que les États et le roi s'entendent et ils feront seuls leurs affaires; elle pourrait à son gré rappeler ses forces, et les États n'auraient garde de lui rembourser ses avances.
De Maisse ne fut point convaincu, mais il se sentit ébranlé; son penchant le portait vers la guerre, et l'évidçnce de la nécessité avait peine à le maintenir dans la défense d'une paix qui répugnait à son inclination naturelle. Il eut besoin, après le départ de Caron, de s'affermir lui-même dans cette politique, et se représenta, en les écrivant, les principales raisons d'y persévérer. C'était avant tout l'occasion si favorable, l'intérêt du cardinal Albert, d'accord avec celui de la France, et la faculté de reprendre la guerre à son heure avec une nation guérie de ses maux et préparée à de nouvelles épreuves. Mais les États et la reine paraissaient décidés à repousser cette paix, et, le roi la faisant malgré eux , ne pourraient-ils point troubler la France, y ranimer la défiance, déjà éveillée, des protestants, y rallumer la guerre ci-