‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 99 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Noël de Caron supplie de Maisse de conseiller à Henri IV la poursuite de la guerre. — Réponse de Hurault de Maisse. — Ses réflexions. — NouveHes imprudences d'Essex. — De Maisse refuse de demander les secours de la reine.— Dépêche de Villeroy. — Entreprise tentée secrètement sur Calais. ^Lettre de Bellièvre.—Dt' pèche du roi. — Mariage du cardinal Albert et de l'Infante. — Impressions diverses de cette nouvelle sur les esprits. — Troisième audience. — Infirmités du roi d'Espagne. — Lettre interceptée de l'Infante.-» Méchanceté de rinfant. — Elisabeth se plaint des calomnies des cathoIiques.-^Le pape a fait son éloge. — Les anciens Pères et les nouveaux docteurs.— Essex justifié. — La main des rois. — Présentation de Philippe.

Si la reine semblait se refuser à prendre au sérieux les négociations entamées entre la France et PEspagne, elle ne perdait cependant point de temps pour préparer des obstacles à leur succès. Le lendemain de cette audience, 16 décembre.

elle envoya chercher Tagent des Provinces-Unies, Noël de Caron. Elle lui fit part de la mission de de Maisse, représenta Henri IV comme entraîné vers un piège par l'influence déloyale de Villeroy, et déclara que, se mettant sur la défensive, elle retirerait ses forces du continent.

Elle n'avait pas fort à faire pour alarmer le patriotisme toujours vigilant de Caron. En venant répéter à de Maisse son entretien avec la reine, il y ajouta les raisons les plus fortes et les plus vives contre la résolution qui l'avait emporté dans les conseils du roi de France. S'il fallait en croire l'agent des États, une année de guerre ^uflisait pour délivrer entièrement les Pays-Bas de la présence des Espagnols. Il conjurait de Maisse de le persuader au roi. Si, dissipant ce bruit de paix, qui tenait tout le monde en suspens, il se résolvait franchement à la guerre, les États lui fourniraient au printemps une armée vraiment royale, entretenue à leurs frais. A ces instances chaleureuses de Maisse opposait, avec une loyauté émue, les

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