‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 103 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

devancer et Villeroy faisait part à de Maîsse d'une entreprise secrète des comtes de Saint-Pol et d'Espernon , pour rendre Isr place au roi , avant que son" infidèle alliée eût eu le temps de la reprendre à ses ennemis, ou bien,, ce qui semblait plus probable, de la recevoir de leurs mains en échange de quelque port des Provinces-Unies.

Le 21 décembre, M, de Bellièvre écrivait à de Maisse, avec une chaleur qui montrait l'effet produit en France par les secrètes menées d'Élisabeth avec l'Espagne, que ceux qui disaient qu'on

écrit Villeroy, que ce ne soit en dessein d'assaillir Calais; il n'y a faulte de gens en ce royaume qui voudroient qu'elle en fust la maîtresse. » Une escadre de 16 vaisseaux de la reine était alors dans la Tamise sous le comte de Cumberland. Le choix de ce chef peu capable rassura de Maisse sifr le but de Texpédition. Il écrit le 31 décembre que cet armement n'était que « pour courir fortune. » Pour Calais, on eût cl^ioisi«unc autre teste. -• Quant à l'échange projeté par la reine de Flessingue contre Calais, de Maisse répond : « Cela peut estre, mais il n'est pas en son pouvoir de livrer le contre-cschangc ; ceux des Estats y sont les maistres et en ont la puce à l'oreille à bon escient. » Journal, 135.

ne devait pas même écouter le légat» pour rester fidèle aux engagements de la France, devai^t pouvoir affirmer, la* main sur la poitrine, qu'il n'avait été fait aucune ouverture entre l'Angleterre et r Espagne au sujet de Calais; que ce serait une loi bien dure et non plus une alliance mais Une servitude s'il était permis à l'un des confédérés de dire à l'autre : vous vous battrez tant qu'il nous plaira et vous ne pourrez sortir de la guerre que je n'y consente. Enfin, une lettre du roi , datée du 20, établissait, avec beaucoup de netteté et quelque noblesse, la situation où le met-

taient les défaites obstinées d'Elisabeth et un événement nouveau qui devait influer sur les négociations. Il priait l'ambassadeur de faire sentir à la reine qu'il serait déchargé par ces délais mêmes de ses obligations et qu'il avait suffisamment attendu sans vouloir s'engager. L'offre des États sur Calais n'était pas assez sérieuse pour le détourner de la paix, et la nouvelle qu'il venait de recevoir du mariage arrêté entre le cardinal Albert et

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