CHAPITRE IX
Isabelle, Tavertissait de hâter *. Un avis qui ne
lui laissait aucun doute annonçait au roi la résolution définitive de ce mariage et de la séparation des Pays-Bas de la monarchie espagnole, au profit du cardinal Albert. Il ne se dissimulait point qu'Elisabeth verrait avec plaisir un événement heureux pour sa politique *, et il craignait qu'elle ne fût déterminée à traiter la première avec le nouveau souverain en entraînant les États dans cet arrangement, afin dMsoler la France et de prévenir par
* Voici cet avis, désigné dans le Journal sous le nom dAvis d'Amiens , et une fois d'Anverg, Amiens étant au pouvoir du roi , il est plus probable qu'il venait d'un agent français à Anvers. « On nous escrit de Rome pour chose certaine que les Pays-Bas doivent demeurer à l'infante major en espousant le cardinal. Je ne le puis croire, mais si cela estoit, la reine d'Angleterre n'en seroit marie ; il faudroit bien prendre garde qu'elle ne nous prévînt par un accord avec ledict sieur cardinal , lequel on veut que nous croyons en estre fort recherché. Vous recepvrez seulement cecy pour ad vis. » — Joumaîf 126.
* « Pour reprendre les erres des anciennes intelligences que l'Angleterre avoit avec la maison do Bourgogne. » Journal f 122.
un double accord celui dont le roi les avait menaces. Malgré tant de raisons de se hâter et de se prévaloir, pour en finir* des délais de l'Angleterre, le roi écrivait à son ambassadeur : « Pour tout cela, monsieur de Maisse, je vous assure que je ne me hâterai point davantage de conclure , car je ne ferai jamais rien indigne d'un prince de foi et d'honneur ; j'ai bâti ma fortune sur ce fondement, dont je me suis très-bien trouvé, grâce à Dieu. » Enfin il laissait à de Maisse, avec le témoignage d'une entière confiance , la liberté de suivre en Angleterre la conduite qui lui semblerait la plus profitable aux intérêts de la France,
L'effet de ces nouvelles sur l'esprit de de Maisse fut de l'alarmer sur les conséquences de la paix qu'on allait conclure, sans rendre la guerre plus avantageuse à ses yeux aux intérêts de la France. Le bon sens et les inclinations bien connues des Anglais lui montraient tout le profit qu3 la reine espérerait, à bon droit, tirer dQ ce nouvel arrangement. D'un autre côté, quel sens avait la