CHAPITRE II
Coup d'œil sur lei relationt d'Elisabeth et de Henri IV depuis la déclaration de guerre à l'Espagne, du 17 janvier 1595, jusqu'à l'ambassade de Hurault de Maisse, le 30 novembre 1597. — Appréhensions de Henri IV; froideur d'Elisabeth. — Mission infructueuse de Loménie en Angleterre , après la prise de Cambrai. — Mission infructueuse de Sidney en France pendant le siège de Calais. — Ambassade de Sancjet du duc de Bouillon. — Hauteur de lord Burghley et de la reine— Délais calculés des Anglais et engagements offerts par les Français. — Siège de Boulogne et de Mon> treuil. — Vingt mille écus sont prêtés au roi de France. — Conclusion du traité du 26 mai 1596. — Étroite obligation de la France. — Politique des deux souverains. — Ratification du traité et adhésion des États. — Négociations infructueuses de Guillaume Ancel en Allemagne. — Henri IV, assiégeant Amiens , envoie FoucqueroUes à Elisabeth. — Hauteur de l'ambassadeur anglais en France. — Instructions de FoucqueroUes. — Reprise d'Amiens et résolution de Henri IV 'en faveur de la paix.
Soit qu'il eût redouté ces engagements, qu'il en eût prévu les conséquences, et qu'il eût senti le prix de rester libre de traiter à son heure avec
FEspagne, soit qu'il eût espéré Tassistance désintéressée d'Elisabeth, Henri IV n'avait point d'abord cherché à lier l'Angleterre avec la France par un traité offensif contre Philippe II. Mais Elisabeth parut peu s'empresser de le secourir et attendre qu'une guerre inégale remît le roi de France à la discrétion de son ancienne alliée. L'événement lui donna raison. C'était le 9 octobre 1 595 que le comte de Fuentès s'était emparé de Cambrai; dès le 14 octobre, Loménie, secrétaire d'État de Navarre et du cabinet du roi, demandait et recevait une audience d'Elisabeth. Il n'en eut pas d'autre et elle se passa mal. L'envoyé français se plaignit hautement de la froideur d'Elisabeth, lui imputa la perte de Cambrai, parla des inconvénients qu'aurait pour l'Angleterre l'accommodendent de la France avec l'Espagne. Elisabeth répondit par des plaintes à ces reproches et congédia Tambassadeur, qui resta inutilement huit joui'S à Londres. Le vaisseau qu'il était d'usage de mettre à la disposition des envoyés du roi revc-