‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 112 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

OÙ M. de Bellièvre s'embarquait à Douvres après avoif inutilement tenté de sauver Marîe Stuarl, Châteauneuf qui se préparait à continuer, en faveur de la reine d'Ecosse, des instances dont Elisabeth étaîl lassée , reçut la visite de Stafford , familièrement admis à l'ambassade de France.

11 vDulaît mettre le secrétaire de Châteauneuf en rapport avec un prisonnier pour dettes, qui avait un moyen aissuré de sauver la reine d'Ecosse. Dèstrappes alla en compagnie de Stafford à Newgâte et y trouva un jeune homme qui avait jadia reçu quelque argent de la France et rendu quelques services à M. de Mauvissière. Il était retenu, disait-il, pour quatre cents écus et ne demandait qu'à être délivré pour tuer Elisabeth. S'il faut en croire Châteauneuf, il repoussa avec énergie cette absurde proposition, représentant à Stafford que sa mère et sa sœur étaient attachées à la personne de la reine, son frère ambassadeur, et qu'il risquait ainsi de perdre toute sa famille et de monter sur l'échafaud. Ce qu'il y avait de déraisonnable

dans une pareille conduite n'éclaira pas Châteauneuf; il ne dénonça pas Staflbrd et lui donna naïvement le conseil de s'enfuir en France, en lui offrant son secours. Pressé bientôt de se rendre au conseil de la reine, interrogé sur son complot contre la vie d'Elisabeth, Châteauneuf fut stupéfait de voir sortir d'une chambre voisine Stafford, qui l'accusa intrépidement de l'avoir prié de chercher quelqu'un pour faire tuer la reine et de s'être arrangé avec ce prisonnier pour dettes, qui s'engageait à faire sauter la reine dans son lit. Sans paraître trop convaincus par les protestations de Châteauneuf, les conseillers se contentèrent de lui reprocher avec dureté son silence, qui équivalait à une complicité, selon les lois ^e l'Angleterre, et de l'avoir mis dans la situation la moins favorable pour demander sérieusement la grâce de Marie Stuart. Certes la politique française avait bien changé depuis cette époque ; si quelqu'un devait s'intéresser aux épreuves déjà oubliées de M. de Châteauneuf, ce n'était pas Henri IV qui, étant

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