‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 114 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

des espions dispersés dans tous les ports de l'Espagne, qu) Tavertissaient de tout ce qui s'y préparait contre elle. Elle les payait bien, et s'ils négligeaient de la bien informer, elle trouvait moyen de les faire pendre. Le roi de France gagnerait à l'imiter.

On en revint alors à ses propositions et à la mission de l'ambassadeur. Résolu cette fqis à lui faire comprendre l'irrévocable détermination du roi ef le prétexte plausible que lui offraient, pour traiter avec l'Espagne, les délais de l'Angleterre; désireux , en même temps, d'atténuer l'effet de cette déclaration sur une âme si facile à émouvoir, de Maisse prit un détour, et, annonçant à

274], se trouve un de ces hommages si fréquemment rendus à la police étendue et habile d'Elisabeth. « Par toutes les cours d^Ëurope ils ont des hommes, lesquels, sous ombre d'ôtre catholiques, leur servent d'espions. £t n'y a collège de. Jésuites, ni à Rome, ni en France, où ils n'en* trouvent qui disent tous les jours la messe pour se couvrir et mieux servir à cette princesse ; même, il y a beaucoup de prêtres en Angleterre, tolérés par elle, pour pouvoir, par le moyen des confessions auriculaires, découvrir les menées des Catholiques. »

Elisabeth la prochaine arrivée en France de députés envoyés au roi par les États des Provinces- Unies pour délibérer sur ses propositions pacifiques, il se dit autorisé à répéter ce que le roi était décidé à leur faire entendre. 11 fallait faire la paix ou la guerre. 11 était prêt à traiter pour eux, comme pour lui-même ; mais si on voulait continuer la guerre, il la fallait pousser tout autrement qu'on ne l'avait fait jusqu'ici; sinon, Sa Majesté s'estimerait suffisamment déchargée devant Dieu et devant les hommes de la promesse qu'elle avait faite à ses alliés de ne point traiter sans eux. La reine comprit le sens de cette communication et en fui émue. Elle répondit, avec une légère amertume, que ces paroles s'adressaient à elle aussi bien qu'aux États; que c'était tout à fait comme si le roi disait à ses alliés : faites-moi reprendre mes places ou je fais la paix pour les reprendre ; qu'il fallait considérer ce que chacun pouvait faire et se contenter de ce qui était raisonnable. De Maisse reprit, avec une respectueuse liberté, que le roi

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