‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 121 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

avec les Anglais. Il fit tant qu'Essex l'emmena, et il était maintenant de retour de cette campagne de 1597, qu'il jugeait en homme capable et mécontent. Si Ton avait bien voulu l'écouter, la flotte espagnole était prise ; mais les Anglais ne savaient que se disputer ensemble. « Cette nation , disaitil, n'est point propre aux conquêtes ; elle manque de fermeté dans ses entreprises ; à peine a-t-on fait quelque butin qu'on n'entend plus parler d'autre chose que de retourner à la maison. On ne s'entend qu'à piller. » Il citait en exemple l'expédition de Cadix ; il tenait de bonne source que si les Anglais n'eussent point jugé à propos de s'en aller au plus vite, le roi d'Espagne allait leur envoyer des députés et leur offrir Calais pour les décider à partir. Mais les Anglais manquent de persévérance. Pour lui, il avait un moyen infaillible de prendre pied très- aisément dans les Indes; il ne faudrait que cinq ou six mille hommes ; il mettait son secret au service du roi de France et priait l'ambassadeur de lui en parler.

Il s'agissait de trésors immenses à gagner. 11 était, à l'en croire, très-grand ami d'Antonio Ferez, et rendit de l'ancien secrétaire de Philippe il ce témoignage, qu'il s'entendait fort bien aux aflaires des Indes. L'aventurier , habillé en soldat, parla longtemps de la sorte, avec l'abondance d'un homme d'Église et l'assurance d'un homme de guerre.

Cependant on vint chercher de Maisse et on le conduisit dans la chambre du conseil. Il s'y trouvait seul, lorsqu'un gentilhomme vint l'avertir que la reine, allant au bal, devait traverser la galerie voisine et l'y rencontrerait volontiers *. Elisabeth parut le voir avec une agréable surprise * et le pria de l'accompagner. Elle prit un plaisir extrême à la musique et à la danse. Sa tête, sa main, son pied suivaient et marquaient la mesure; et si quelque chose allait mal, elle ne

' « C'estoit elle qui l'avoit envoie. » Journal, 391. * « Qu'elle ne pensoit point me trouver là et qu'elle alloit vers le bai. » Journal^ 391.

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