‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 123 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

voir dans ces paroles de paix qu'une de ces demandes habituelles de secours que de Maîsse évitait avec tant d'opiniâtreté et de bon sens. 11 reprit aussitôt ^qu'il s'agissait de la paix ; qu'elle pouvait parler à son aise de continuer la guerre, mais qu'entre l'état de son royaume et celui de la France il n'y avait aucune ressemblance ; qu'elle se mit seulement à la place du roi. Encore, ditelle, faut-il y aller doucement et ne précipiter rien. Et elle le congédia en lui promettant de

nouveau une honorable réponse.

De Maisse se rendit à la chambre du conseil, le trouva réuni et remarqua l'absence du comte d'Ëssex. Lord Burghley pria l'ambassadeur d'exposer, comme s'il n'avait encore rien dit à la reine, le sujet de sa mission. Après l'avoir attentivement écouté, le grand trésorier déclara que sa maîtresse ne pouvait traiter qu'avec le roi d'Espagne; qu'il n'était question dans tout ceci que du cardinal Albert, qu'il fallait envoyer des députés vérifier ses pouvoirs. Soit, répondit de

Maisse; que la reine et que ie roi lui envoient ensemble leurs députés. Les Anglais ne songeaient nullement à s'engager de cette façon et répondirent que c'était l'affaire du roi, et que ses députés ne pouvaient avoir d'autre mission que de vérifier les pouvoirs du cardinal. Et au^itdt l'on demanda à de Maisse, avec une jalousie inquiète, si les États des Provinces-Unies envoyaient^ des députés à cette occasion vers le roi de France, et si le roi allait traiter de cette affaire avec eux. Vous en savez là-dessus autant que moi, dit l'ambassadeur; pour moi, je le pense. Les conseillers s'entretinrent alors en anglais avec une extrême vivacité. Puis Cecil posa cette question à de Maisse : une ligue conclue et assurée peut -elle se rompre sans le consentement de toutes les parties? Deux alliés peuvent-ils contraindre le troisième à agir selon leur sentiment? En thèse générale, répondit de Maisse, deux alliés, et même un seul des trois, peuvent se départir de la ligue si l'on sait que les autres n'y sont point

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