CHAPITRE XI
attachés de bonne foi. Âpres une nouvelle discussion en anglais entre les conseillers, lord Burghiey déclara que la reine , ayant à résoudre avec les Etats plusieurs questions relatives à ses créances et à ses gages, leur enverrait ses députés, que de Maisse devait attendre leur retour et leur réponse, et qu'on pourrait ensuite s'assembler en quelque lieu commode de l'Angleterre pour délibérer tous ensemble. De Maisse se montra très^éloigné de consentir à de telles longueurs. Il répondit que le printemps approchait, que le légat perdait sa patience et le pape sa bonne volonté ; que pour lui-même il s'attardait inutilement en Angleterre, qu'il fallait trouver un plus court moyen de s'entendre. Lord Burghiey lui dit alors que le conseil aurait à ce sujet une nouvelle communication avec la reine; puis, rappelant à l'ambassadeur qu'il avait annoncé ce traité avec l'Espagne comme un retour au célèbre traité de 1559, il ajouta imperturbablement que, sans doute, on allait rendre Calais à la reine, puisque le traité de
1559 avait réservé cette ville à TAngieterre. De Maisse répondit, avec le même sang-froid, quMl ne se souvenait pas de cette clause; que d'ailleurs il serait temps d'y songer et d'en parler lorsqu'on s'occuperait du traité. Ainsi se termina cette conférence.
La jalousie que- les conseillers d'Elisabeth y avaient laissé voir des rapports déjà établis, sur cette grave question, entre les États et le roi de France, éclata le lendemain en pleine liberté devant l'agent des États. Noël de Caron, mandé en leur présence, fut vivement interrogé sur les députés envoyés par les États à Henri IV, pour délibérer sur les propositions du cardinal. Il leva
tous les doutes en leur communiquant une dépêche où il recevait la nouvelle du prochain départ de ces députés et leurs noms. Il eut à endurer de nombreux reproches mêlés de menaces, et crut devoir s'excuser sur les instances de Buzanval de la démarche où les Etats s'étaient laissé conduire. Cette dépêche, ce départ prochain et inévitable