‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 125 sur 145 · CHAPITRE Xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xr

ne laissaient plus aux conseillers le temps ni la liberté de choisir le rôle de l'Angleterre dans ce commencement de négociation. Ils renoncèrent surle-champ à leur idée d'une conférence générale dans quelque ville d'Angleterre et, en présence de Caron , écrivirent aux États pour les prier de donner à leurs députés le pouvoir de traiter avec les députés anglais que la reine enverrait en France, aussi bien qu'avec le roi. Ainsi était justifiée et, jusqu'à un certain point, récompensée la prévoyance de Henri IV, qui avait pressenti ces lenteurs obstinées et la nécessité de faire parler avant tout les États pour faire sortir l'Angleterre de son silence.

Mais les conseillers de la reine ne désespérèrent point d'alarmer Caron et de jeter une incurable défiance entre les deux alliés dont ils craignaient l'accord. Il attribuèrent à de Maisse d'incroyables paroles. Il aurait trahi l'intention de son maître de contraindre les États à le suivre dans ses négociations avec l'Espagne et de les y réduire , en

soulevant contre eux la population à laquelle ils s'obstineraient à refuser la paix. Cette paix même n'éti^it qu'un piège inventé par le roi de France, un déguisement pour leur arracher des secours. Le cardinal se prétait à ce jeu en vue de ses intérets particuliers; quant au roi d'Espagne, on le trompait lui-même et il n'y était pour rien. Ils prétendaient en donner à Garon une preuve incontestable. Des lettres venant de l'Espagne, eti grand nombre, et plusieurs adressées au cardinal, interceptées par leurs croiseurs, contenaient toutes les nouvelles de la cour, le mariage de l'Infante, la séparation des Pays-Bas , l'adhésion de Tlnfant à cet arrangement, les rapports reçus des colonies sur l'expédition d'Essex; en un mot il y était question de toute chose, excepté de cette paix qui n'existait pas.

Garon écouta tout avec patience et vint aussi'-tôt tout répéter à de Maisse , qui paya les Anglais de retour en représentant à l'agent des États la trahison de la reine comme imminente, son ac-

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