CHAPITRE XL
cord avec TEspagne comme conclu, et réchange
par sm'prise de Flessingue contre Calais comme décidé. Garon répondit que les Ëtats s'en doutaient et se trouvaient en mesure de l*empécher. Tout en préférant la guerre à la paix, il inclinait vers le roi plutôt que vers la reine et voyait plus d'honnêteté dans sa conduite. Cependant entre ces deux alliés, si peu fidèles Tun à Tautre et si animés à se décrier auprès du troisième, le représentant de la nouvelle république ne pouvait se défendre d'un peu d'orgueil, et il lui était permis d'oublier un instant que la situation si simple et si nette de son gouvernement dominait sa conduite, sans l'exposer aux tentations qui naissaient, pour les souverains de deux grands royaumes, d'une antique et inévitable rivalité.
De Maisse apprit avec plaisir la nouvelle réso-
lution du conseil. Il se consolait aisément de l'envoi de députés anglais en France , en songeant que cela même n'eût point été obtenu si les États n'eussent pris les devants, et après s'être entendu
proposer une conférence en Angleterre. 11 jugea utile de laisser venir ces députés, espérant que le roi en aurait bon marché, queF que fût le cours des négociations avec TEspagne et sa résolution future. Il prit, en même temps, la détermination de garder avec la reine et ses conseillers plus de réserve que jamais; considérant sa négociation comme terminée, sachant qu'il ne changerait rien à la réponse que Caron lui avait annoncée, et que toutes ses paroles, dont aucune n'était perdue, seraient plus profitables au service de la reine qu'au service du roi.
Le soir de ce même jour, 7 janvier, fut sanctionnée la réconciliation, si souvent suspendue, de la reine et du comte d'Essex. En présence du conseil, réuni dans la chambre de la reine, et d'un grand nombre de seigneurs, furent lues les lettres patentes d'Essex, nommé haut-comte-raaréchal d'Angleterre, et ayant ainsi droit de préséance sur l'amiral. Félicité par toute la cour, il paraissait n'avoir plus d'ennemis. Mais ses ressentiments