‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 131 sur 145 · CHAPITRE XI. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. S

que cette paix était inopportune; mieux valait attendre la mort sûre et prochaine du roi d'Espagne, et abattre alors le cardinal à son aise. L'Infant, devenu roi, ne s'empresserait guère de secourir son beau-frère. Toutefois elle s'en remettait à ce que ses députés décideraient avec le roi de France. Puis, congédiant affectueusement l'ambassadeur, et se tournant vers l'amiral, elle dit en riant qu'on donnât à de Maisse, pour revenir en France, un bon vaisseau, et qu'il ne fallait pas qu'il devînt prii^onnier des Espagnols. De Maisse reprit qu'il ne craignait rien, marchant sous la bannière de la reine, et se retira.

Le lendemain, il écrivit en France, annonçant la 6n de sa mission, son prochain départ, sa raison de ne point chercher inutilement à forcer la reine à se prononcer malgré elle, et surtout de ne lui rien demander. Aux instances de M. de Villeroy sur ces questions, il répondait avec un inflexible bon sens : « Quelque chose que je leur puisse dire maintenant ne nous servira de rien et

nous nuira sans difliculté. »I1 donnait au roi d'excellentes raisons de sa conduite, et résumant avec clarté la situation générale, il écrivait : « La nécessité porte Votre Majesté à la paix ; la crainte et la défiance conduisent les États à la guerre ; et la reine tie désire à bon escient ni l'un ni l'autre ; mais elle veut voir ses voisins embrouillés, et cependant faire ses affaires. Sur ces trois fondements si divers , je ne sais quel édifice on pourra bâtir. » Et il pressait le roi de ne point se préoccuper d'un accord si douteux, et surtout de ne point l'attendre.

Avant son départ, de Maisse reçut la visite d'adieu de Caron , qui paraissait avoir été mal traité par la reine et qui se plaignit des injustices de l'Angleterre à Tégard des États. Il espérait que les députés des États seraient en France avant ceux de la reine, et, comme de Maisse, il le désirait,

L'anibassadeur crut devoir faire lui-même une visite d'adieu au personnage le plus considérable de l'Angleterre, lord Burghley, et une autre à

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