CHAPITRE II
d'établir TEspagne en face de ses rivages ; puis, allant droit au but, ils pressèrent le conseil de déclarer où la reine voulait en venir et ce qu'il fallait lui ofinr pour conclure, f C'est à ceux qui demandent qu'il convient d'offrir des sûretés, > dit Burghley. Sancy parla d'otages et on lui répondit qu'il était déjà venu des otages français en Angleterre et qu'ils s'étaient enfuis. Il n'y avait plus, comme la première fois, qu'à se lever en demandant congé. C'est ce que firent les ambassadeurs, et aussitôt « tirant un papier de son sein, • lord . Burghley, rappela qu'à l'époque du traité, avec le roi Charles, la reine était riche, qu'elle était maintenant gênée par les avances faites au roi, et finit en offrant un secours de trois mille hommes à condition : 1* que le roi enverrait avant leur départ l'argent qu'aurait coûté leur levée et un mois de leur solde ; 2" que la reine pourrait les rappeler s'ils lui devenaient nécessaires . Le duc de Bouillon répondit à ces absurdes propositions « que si le roy avoit de l'argent, il ne manqueroit pas
d'hommes, » et Sancy ajouta qu'un tel marché était moins digne d'alliés « que de mercenaires, » Les ambassadeurs s' étant retirés écrivirent à Éli- ' sabeth pour lui demander des offres plus sérieuse» ou leur audience de congé.
La séance du 11 lïiai s'ouvrit par la lecture de nouveaux articles encore inacceptables. Les trois mille hommes, toujours payés par le roi, ne devaient s'embarquer qu'après la pacification de l'Irlande et le retour du comte d'Essex, parti pour sa campagne annuelle contre les colonies espagnoles. Quatre otages devaient répondre du payepient de ces troupes, qui ne pouvaient être employées que dans la Normandie, la Picardie, le Boulonois, l'Artois et le Hainaut. Après de nouveaux refus des ambassadeurs , lord Burghley laissa enfin entrevoir le véritable objet de ces lenteurs et la dernière condition de tout arrangement en disant « que la reine estoit menacée d'une paix duroy avec le roy d'Espagne, et qu'elle montreroit peu de prudence si elle donnoit moyen au roy