‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 16 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de France de s'accorderavec l'Espagne plus avantageusement à ses desseins h Taide des forces angloises. » Sancy se hâta d'offrir la parole du roi de ne. jamais traiter sans l'Angleterre, « Ce n'est qu'une parole, ■ dit Burghley. — «Une parole de prince, répondit Sancy, et le roi est jaloux de son honneur. > On touchait au nœud de la négodation, et Burghley, priant Sancy de lui donner par écrit cette offre d'engagement, ajouta « que la reine prendroit plutôt la 'peine de lire et de relira cette proposition que la patience d'en ouïr parler, »

Cependant les anobassadeurs recevaient de France d'alarmantes nouvelles. Ardres était assiégé, Boulogne et Montreuil menacée par les troupes espagnoles. Le dimanche 12 mai, Sancy s'i^pprochant d'Elisabeth, pendant sa promenade dans le parc de Greenwich, la conjura de secourir Boulogne et Montreuil et d'envoyer vingt-cinq mille écus en France en attendant la conclusion du traité* Sans rien refuser, sans rian proipettre.

la reine lui répondit «qu'on avoit tant tiré du puits qu'il estoit tary. > Le lendemain Sancy renouvela par une lettre cette pressante prière, et, communiquant à la reine la bonne nouvelle de la reddition de La Fère, espéra la décider à se joindre aux arnîes plus heureuses du roi de France. La conférence de ce jour entre le conseil et les ambassadeurs fut pourtant aussi infructueuse que la précédente. Mais après cette séance, à laquelle le duc de Bouillon malade n'avait pu assister, la reine vint à cheval rendre visite aux Français, se montra bienveillante et les assura < qu'ils partiroient contents.» Le 15, le conseil se réunit et leur offrit vingt mille écus, sous la garantie du duc de Bouillon, pour la défense de Boulogne et de MontreuiL Les ambassadeurs acceptèrent sans se montrer fort satisfaits ; et persuadés qu'il fallait mettre un terme à ce mélange calculé de refus et de promesses, ils envoyèrent inmiédiatement huit mille écus à Boulogne et firent ostensiblement leurs préparatifs de départ. On n'avait garde de les laisser partir. Le

Page 1