‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 17 sur 145 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

secrétaire Cécil vint les voir et « de propos en propos, 9 leur dit que la reine les verrait volontiers le lendemain.

Elle leur demanda brusquement c sMIs partoient sans faire la ligue. » Sancy lui dit avec liberté qu'à leur retour en France on les blâmerait de ne rapporter d* Angleterre que des paroles, c vous savez, nous dira-t-on, qu'il y a trois ans que la reine d'Angleterre ne nous donne autre chose. » On leur répondit enfin que le traité se ferait à Londres et ils prirent congé d'Elisabeth. De nouvelles diificultés les attendaient à Londres. Leur projet d'alliance fut discuté en détail et souvent remanié, tantôt de leur plein gré, tantôt à leur insu, dans la copie altérée des articles qui avaient paru la veille arrêtés d'un commun accord. Lord Burghley ne voulait pas que les États des Provinces-Unies fussent comptés parmi les princes qu'on devait inviter à se joindre à la ligue, c II ne vouloit pas, dit du Yair, les reconnoitre en ce rang ni permettre

qu'ils traitassent à part estant sous la protection de

là royhe. * Il voulait encore étetidre l'Interdiction de toute trêve entre le roi de France et ses ennemis, jusqu'à cette trêve de Bretagne, qui, subsistant entre le rôl et le duc de Mercœur , permettait au royaume de défendre plus librement ses frontières de l' est. Disant enfin « que puisqu'il falloit traiter avec le roy il eistoit raisonnable qu'ils eussent soing de leurs amis, * lord Burghley prétendait établir dans un dernier article « que le roy, à la réquisition de la royne d'Angleterre, accorderoit l'exercice de la religion réfôtmée tel que l'avoient permis les édits les plus amt)les du roy et de ses prédécesseurs. » Ce n'était plus avec Henri de NaVarre que traitait le conseil de là reine, mais avec le roi de France ; et ses ambassadeurs répondirent, comme eussent fait ceux des Valois : • Que le roy ne trouveroitpas bon qu'un autre que lUy voulust se rendre protecteur de ses sujets. » Uë eurent aussi recours à cet argument, toujours efnployé et toujours irréfutable en {)areille matière : ^uë sëtnbleraîMl à la reine d'une inter ventioti dti roi de France eti faveur de ses sujets catholiques ?

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Noue ne dirons point par quels efforts de par||St d'autre furent débattues et enfin levées ces dernières difficultés. Un voyage de du Vair à Greenwich fut nécessaire, et lorsque le traité lui-même fut hors de tout débat, le préambule et le rang des parties contractantes donnèrent lieu à des prétentions nouvelles et à de justes résistances. Mais du Yair était dans une situation désavantageuse pour exiger que * la préémitience des royaumes fût gardée, » et soutenir «qu'on ne l'avait jamais contestée à la France » lorS(|u'il lui fallait en même temps demander, avec moins de dignité et plus d'instances, ijue les frais de la levée et du passage des troupes, exagérés dans le tarif annexé au traité, fUssèilt f ariiehés à une plus juste mesure. On lui t^épondit sèfcliement « qu'il prist ou laissast le tout. • Sur lès cinq heures du mêtnè jour, 26 mai 1596, sir Ednitlhd rapporta le traité à Londres,, où il fut définitivement signé et scellé *.

i be traité est cité en français et incomplètement dans Flassan , vol. II , 110 ; en latin, abrégé mais exact dans

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Quatre mille Anglais étaient mis, six mois par an, cette année et les années suivantes, au service du roi de France. La reine avançait les frais de ce secours, et ces avances étaient remboursables par le roi, six mois après le débarquement des troupes, d'après le tableau annexé au traité. Les États de Hollande et les princes d'Allemagne devaient être invités à entrer dans F alliance. La reine et le roi ne pouvaient conclure séparément ni paix ni trêve avec le roi d'Espagne ou ses lieutenants, et si les événements de la guerre amenaient quelque trêve particulière avec un officier espagnol, elle ne pouvait durer plus de deux mois sans Tassentiment des deux alliés. Le cas peu probable où le roi de France aurait à secourir Elisabeth dans son royaume était prévu, et les conditions de ce secours éventuel étaient semblables à celles du secours accordé. Enfin le protectorat protestant, auquel lord

Camden, page 677^ et le texte original en est complètement reproduit dans les bOO de Colbert, vol. XXXV, à la suite du Discours sur îa négociation, etc.

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