CHAPITRE II
accord; si le secours de ladicte Royne luy manque ou luy est tardé. »
c Au moyen de quoy ledict sieur de Foucque^ rolles a charge exprès de Sadicte Majesté de demander et poursuivre ledict secours avec la plus vive instance qu'il pourra ; et sur tout qu*il ne soit retardé et mis en longueur par les raisons susdictes ; sinon, dès quMl en sera esconduit, de prier ladicte dame de trouver bon que Sa Majesté, cédant à ceste hy très-rigoureuse^ de la nécessité pubHcque^ embrasse les moyens qui lui resteront de sauver son Estât ; la priant de croire qu'elle fera ce qu'elle pourra pour Ty faire comprendre ; et là où Sa Majesté ne pourroit l'obtenir, la mesme nécessité qui le conduira de suivre ce conseil lui servira ^excuse en son endroiet. Or, comme il est en la puissance de ladicte dame d'empêcher ceste violence, voire deproffiter du secours que Sa Majesté demande, aux conditions susdites ; si elle en perd l'occasion, sur la recherche que Sa Majesté en faict et les conditions qu'elle luy offre, elle en sera
ftO ELISABETH ET HENRI lY.
eoocusée envers Dieu et le monde de ce qui s'ensuivra» comme luy remontrera ledict sieur de FoucqueroUes. »
Telle est cette énergique instruction, où le traité du26mai,àdemi déchiré, est ouvertement déclaré insuffisant du côté des secours quMl assure au roi de France, et impuissant du côté des obligations qu'il lui impose. L'alternative d'un singulier élargissement de la prenûère partie de ce traité ou de la complète éradiation de la seconde y est établie avec une vigueur où l'on sent l'inspiration d'un pressant danger et d'une nécessité imminente. Cette fois encore pourtant, comme du temps du duc de Bouillon et de Sancy, cette alternative est aîncèrement offerte, et Elisabeth peut librement choisir. Nous la verrons présenter une dernière fois à la reine d'Angleterre, mais ce ne sera plus qu'une apparence et l'honnête déguisement d'une invariable résolution.
Le secours demandé avec tant d'instances fut accordé ; Toffire de Calais, entourée de tant de