CHAPITRE II
conditions et de périls, fut écartée*, et le siège d'Amiens poussé avec vigueur. FoucqueroUes, qui en avait assuré le succès, ne devait pas en voir l'heureuse issue. Il était allé en Angletere, blessé d'une arquebusade reçue dans la tentative infructueuse de Henri IV sur Arras ; il ne revint de Londres que pour se faire tuer au service du roi. Dans la nuit du 18 juillet, les Espagnols firent une sortie furieuse, et FoucqueroUes périt en défendant la tranchée. Thomas Basqueville ne vit pas non plus la fm de cette laborieuse et sanglante entreprise, qui coûta six mois d'efforts, et se termina, le 25 septembre 1597, par la capitulation d'Amiens. Ce fut le rétablissement d'une sorte d'équilibre entre l'Espagne et la France ; ce fut le signal de ces nouvelles propositions de paix que nous avons vues accueillies avec empressement par Henri IV.
i Nous l'apprendrons plus tard par de Maisse, qui dit souTent que les Anglais se repentent amèrement de n'aToir pas accepté cette offre , et qu'on attribuait cette faute à rinÛuence du comte d'£s8ez , toujours suspect d* attachement à la France
52 ELISABETH [ET HENjRI IV.
Ainsi s'étaient prolongés, en paraissant se resserrer , les liens qui unissaient ou plutôt subordonnaient la politique de la France à celle de l'Angleterre dans cette guerre, que le roi avait engagée contre l'Espagne et dont il souhaitait la fin, qu'Elisabeth avait soutenue, et dont elle pouvait, à juste titre, exiger la continuation. La fin du mois de septembre et le commencement dé novembre furent remplis par les ouvertures du légat et du général des cordeliers, par les rapports nouvellement établis entre Richardot et Villeroy. Lorsqu'à l'offre de comprendre les alliés du roi et nommément la reine d'Angleterre dans le traité de paix se fut jointe la proposition de revenir aux conditions, avantageuses pour la France, du traité de Gateau-Cambrésis , la paix fut résolue dans l'esprit de Henri IV, et il ne pensa plus qu'aux moyens de faire entendre honorablement à ses alliés la détermination que lui conseillait sa politique, et que le traité, conclu avec eux, lui interdisait de prendre sans leur concours.