CHAPITRE III
Le roi reui communiquer d'abord sa résolution aux États des Provinces-Unies. — Prépondérance de l'Angleterre de ce côté. —Rapports antérieurs des États avec le duc d'Alençgn et avec Henri III. Leurs engagements antérieurs avec Elisabeth. — Traité du 20 août 1585. — Campagne de Leicester. — Occupation de Flessingue et d'Ostende. — Influence et agents secrets d'Elisabeth en Hollande et aux Pays-Bas espagnols. — Propositions faites aux États le 6 novembre 1597 par l'ambassadeur de France. — Réponse des États le 12 novembre.— Le roi persiste dans sa résolution et veut envoyer un ambassadeur en Angleterre. — Choix de Hurault de Maisse.— Son instruction du 30 novembre. — Agitation des Protestants. — Inclination du royaume. — Alternative apparente offerte à la reine. — Henri IV déclare à de Maisse qu'il veut la paix. — Départ de de Maisse le 24 novembre 1597.
Tout engageait le roi de France à commencer par rechercher l'approbation de la Hollande et à faire peser, s'il le pouvait, la résolution des États Généraux sur la décision d'Elisabeth. L'an-
cienne rivalité des deux couronnes en ce pays n'avait point disparu, et à cette époque, l'Angleterre y était de beaucoup, et à bon droit, prépondérante. La honteuse conduite du duc d'Alençon , sa perfidie , son coup d'État avorté du 17 janvier 1583 , avaient enveloppé dans le même discrédit le nom des Valois et celui de la France *. Ce ne fut pas tout encore. Un an plus tard, prouvés par la mort du prince d'Orange, inquiets des rapides progrès du duc de Parme, devant qui Bruges avait capitulé, présage de la reddition de Gand et de la chute d'Anvers, les
^ Il resta de cette triste journée de la Saint-Antoine, où quinze cents Français furent massacrés par les bourgeois d' Anvers , une chanson populaire citée dans VHûioirê de Flandre , de M. Kervyn de Lettenhoye , Tol. VI, 372 :
Gardes-Tou de ceaz de France.
Ils ont appria dèi lear naiaaance Ne teoir foy ne alliance; ffila ont moyen ou puiiaance, Di TOUi feront on toar de IVance.
c Nous avons perdu renom de foy et ne l'avons pu tenir de vaillance, » disait de ce coup d'Etat Duplessis Mornay.