‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 26 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

États des Provînces-UnieSy faisant céder le ressentiment populaire à la politique , s'étaient de nouveau tournés vers la France. L'ambassadeur français de La Prune les y avait engagés, dans la crainte de les voir s'unir trop étroitement avec Elisabeth. Mais cet oubli du passé , ces offres sincères des États avaient échoué devant l'indécision du dernier des Valois. Après de longs délais, Pierre Brulart répondit aux États, au nom de Henri III, que « Sa Majesté, amateur du repos public de la Chrétienté, » ne pouvait traiter avec eux et aimait mieux « le leur faire dire franchement que de les amuser davantage. »

Les États durent porter à l'Angleterre les de^ mandes et les offres qu'avait repoussées la France. Tout les inclinait de ce côté : le commerce actif des ports flamands avec les ports anglais, la religion d'Elisabeth, la religion de son successeur présumé, le roi d'Ecosse, enfm ces vieux souvenirs de l'alliance de l'ancienne maison de Bom^ gogne et de l'Angleterre , qui avaient gardé une

certaine influence sur les meilleurs esprits de ce temps K Ce fut au mois de mai 1585 que les États Généraux se décidèrent à solliciter Tintervention d'Élsabeth. La seule province méridionale qui prit part à cette décision fut la Flandre» représentée par Noël de Caron» seigneur de Shoonewalle , ancien bourgmestre du Franc , homme intelligent et énergique , ennemi obstiné de la Homination espagnole» actif agent du prince d'Orange à Bruges» et arrêté dans cette ville au mois de juin 1579 , pendant le mouvement de réaction catholique qui emportait alors les Pays- Bais. Envoyé vers Elisabeth avec une députallon nombreuse » il conduisit à son terme Talliance des États avec T Angleterre et resta à Londres» où de Maisse le retrouvera, en 1597» toujours ardent

' De Beaumont, dans un excellent Mémoire sur les affaires d'Angleterre (les 500 de Colbert, 35) , écrit : « Les vieils Anglois se soubviennent encore des vieilles al* liances de Bourgogne. > Nous verrons avec de Maisse quelle influence cette tradition exerçait encore sur Tesprit de la reine et de ses conseillers.

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