CHAPITRE IIL
ennemi de TË^agne et pressant adversaire des paroles de paix apportées par Tambassadeur de France.
Ce fut le 9 juillet que les députés des États furent admis à Greenwich en présence d'Elisabeth j et la réponse de la reine se fit attendre jusqu'au 2 août. Elle aussi avait hésité à recevoir ces offres avantageuses et périlleuses à la fois que la jeune république portait d'une cour à Tautre. Tel était l'esprit du temps que plusieurs de ses conseillers la détournaient de soutenir des rebelles contre « les puissances établies de Dieu. » La** crainte d'entreprendre au delà de ses forces, et surtout cet éloignement pour la dépense, qui balançait toujours les mâles penchants d'Elisabeth, étaient les véritables raisons de son incertitude. Elle céda enfin aux importants avantages que les intérêts anglais devaient recueillir de son intervention dans une révolution qui avait déjà pour elle la durée et le succès, et qui lui offrait, en échange de ses subsides et de ses troupes, des
places telles que Flessîngue, la Brille, Ostende. Le traité fut donc conclu le 20 août 1585, trois jours après la capitulation d'Anvers, vainement mais admirablement défendu par Mamix de Sainte- Aldegonde ; la reine refusait la souveraineté nominale des Pays-Bas , qui Teût à jamais engagée dans une lutte encore douteuse, mais elle acceptait une large part d*autorité dans les délibérations des États, et des places importantes, en gage du remboursement de ses avances. Elle devait envoyer aux États quatre mille hommes, payés par elle pendant toute la durée de la guerre, d'après un tarif annexé au traité.
Leicester débarqua donc à Flessingue en octobre 1585, accompagné de la plus haute noblesse du royaume, d'environ cinq cents gentilshonunes et de son jeune beau-fils*, le comte d'Essex, qui
' Leicester ayait épousé en secondes noces la veuTe de Walter Devereux, comte d*Essex, mort à Dublin en 1576, et que Leicester était soupçonné d'ayoir empoisonné.