‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 28 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

avait déjà vu poindre pour lui la faveur d'Elisabeth, et qui commençait, à dix-neuf ans, sa courte, brillante et tragique carrière. Reçu à Flessingue par le chevaleresque Philippe Sidney, son neveu * , qui était déjà venu en prendre possession au nom de la reine, accueilli avec enthousiasme par les habitants, accablé par les États-Généraux d'honneurs qui irritèrent Elisabeth, au point de « lui faire abattre, dit Camden, par une petite lettre, ce vent dont il était enflé *, » Leicester montra, dans cette campagne de 1586, une incapacité qui fit la joie de ses nombreux ennemis, et qui ne déplut même pas aux Hollandais, déjà fatigués de sa hauteur. Il retourna bientôt en Angleterre, et fit à Saint-Paul de magnifiques funérailles à ce Philippe Sidney, qui avait trouvé, dans l'attaque infruc-

* Philippe Sidney était fils de Henri Sidney dont la sœur avait été la première femme de Leicester et passait pour ayoir été empoisonnée par son mari, qui espérait alors épouser Elisabeth.

* € Hominem extumescentem una quidem literula c compressit. » — Camden , 419.

eO ÉLISABETIH ET HENRI IV.

tueuse de Zutphen, une mort héroïque et douloureuse, subie avec une résignation chré^ tiennç , dont la cour avait déjà porté le deuil , qtf Oxford et Cambridge avaient honorée de leurs larmes *•

Les années suivantes se passèrent en stériles escarmouches, où le gouverneur d'Ostende, Norris, ne réussit qu'à rendre son voisinage importun aux Espagnols. Mais Toccupation de Flessingue et de la Brille, l'importance d'Ostende, le talent aventureux de Norris, les dettes et le poids des services

* Les vers de Spencer, plusieurs volumes de LacryfMBf d'Oxford et de Cambridge, témoignèrent d'un deuil public en Tbonneur de celui qu'on appelait le Bayard de l'Angleterre. Le rapport de Leicester âur le combat de Zutphen, cité par miss Aikin [Memoirs of the court of queen Elisabeth, vol. II, 159) raconte d'une manière touchante la mort de Sidney. Il eut un cheval tué sous lui^ en prit un autre et reçut aussitôt une affreuse blessure : « A sore wound upon his thigh, three fîngers € above the knee, the bone qui te in pièces. » Il mourut calme, disant admirablement de sa blessure : « This my « hurt isthe ordinance of God by the hap of the war. » Essex épousa, en 1590, à Tinsu de la reine, la veuve de Philippe Sidney, fille de Walsingham.

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