‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 30 sur 145 · CHAPITRÉ III · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ III

longueur de la guerre, qui a « rempli Je corps de la France de mauvais sang et humeurs corrompues, la justice y estant comme ensevelie par la licence des armes, » F ambassadeur français laissait entrevoir une continuation possible de la guerre, si les États faisaient pour la soutenir les plus grands sacrifices.

Mais il était facile de comprendre, à travers l'alternative offerte par l'ambassadeur, la résolution du roi et la politique décidée de la France. « Sa Majesté, disait Buzan val, est intentionnée de remuer toutes pierres devant que de venir au second moyen, duquel je vous parleray maintenant, pour conserver et entretenir son estât. » Ce second moyen c'était la paix. Elle serait déjà conclue si le roi en croyait ses conseillers et son peuple. Mais elle était encore arrêtée, l'ambassadeur ne dit pas par les engagements du roi mais bien par « lagénérosité accoutumée de Sa Majesté, qui, depuis qu'elle est au monde, a plus travaillé pour autrui que pour ellemême, » Ce n'est pas que l'occadion de faire aus-

sitôt la paix n'ait été assez séduisante pour décider un souverain moins soucieux de l'avantage des autres. Mais le roi de France a résisté, songeant à ses alliés en même temps qu'à son royaume.

« Il a ouy les députés du cardinal Albert, mais tellement ouy qu'il a gardé une oreille à ses amis et confédérés. » Si les États veulent la continuation de la guerre, qu'ils fassent des offres capables d'y déterminer le roi. S'ils consentent à traiter, qu'ils disent quelles seraient leurs exigences. Mais qu'on se hâte et qu'on n'emploie pas contre le roi des longueurs calculées et fatales aux négociationF.

Cependant le roi ne renonçait pas à employer et à réclamer jusqu'au bout les forces des États, conmie il avait emprunté celles d'Elisabeth pour cette reprise d'Amiens qui lui avait rouvert le chemin des négociations. Cinq jours après cette déclaration si claire, Buzanval recevait l'ordre du roi de demander aux Étatsdes vaisseaux, afin de seconder la campagne quMI comptait faire au mois de janvier eh Bretagne, contre le duc de Mercœur, avec

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