‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 33 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ce que les États pouvaient faire pour l'aider à continuer la guerre , et n'y trouvait pas un motif suflTisant pour y persévérer. Il savait ce que les États pouvaient faire pour le détourner de conclure la paix et n'y trouvait pas un obstacle qui le dissuadât de presser les négociations. C'était en vain que les États espéraient l'alarmer sur leur indépendance. S'il ne les jugeait pas assez forts pour accabler l'Espagne par ïeur secours, il les jugeait à bon droit capables de se défendre. Quant à l'insinuation menaçante qu'une fois soumis , ils donneraient cent mille hommes à l'Espagne , il savait que tout rapprochement des États avec Philippe II était impossible et que le plus légitime ressentiment ne les entraînerait pas jusqu'à se perdre pour lui nuire. Enfin, s'il attendait leurs députés, il ne les attendait pas, comme Buzanval, « dans trois ou quatre jours ; » il connaissait trop ses alliés pour ne pas prévoir que, l'éveil une fois donné et l'un d'eux déclaré contre la paix , ils s'entendraient ensemble avant de s'entendre avec

lui, et qu'il ne verrait les députés des Étêits qu'en môme temps que ceux de l'Angleterre.

C'était de ce côté qu'il fallait maintenant agir; c'était à Elisabeth qu'il fallait porter ces paroles de paix , qu'elle pouvait repou--cr comme les États, dont elle avait, de pîus qu'eux, le droit de s'offenser. Henri IV jeta les yeux , pour cette mission délicate , sur un de ses conseillers , Hurault de Maisse, qu'il avait trouvé, à son avènement, ambassadeur de Henri III auprès de la sérénis* sime république de Venise, qu'il avait maintenu à ce poste, et qui, pendant cinq ans, avait mis au service de la cause alors incertaine du roi protestant toutes les ressources d'un esprit délié uni à ime loyauté rare, à un patriotisme intelligent *.

* 'Jde Maisse était déjà connu et estimé des Anglais par ses rapports avec eux en Italie, et surtout parce que, selon l'expression du temps, • il n'était pas Espagnol. » Le colonel Arlhus Sauvage l'avait indiqué au choix de Henri IV, et Elisabeth en fut satisfaite {Journal, 273). A son arrivée, il fut entouré do plusieurs gentilshommes tf et me dirent que toute la cour estoit satisfaite de me voir, et qu'ils savoicnt bien combien j*aymois leurna-

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