CHAPITRE III
nom d'Édif de Nantes, les protestants ne cachaient pas à Henri IV leur désir de voir continuer la guerre et une certaine résolution d'empêcher qu'on y mît fin. Ils devinaient aisément une disposition semblable dans l'esprit d'Elisabeth; et celle-ci avait reçu , sans trop se mettre en peine de le cacher, un député envoyé par eux de Châtellerault, et un recueil de leurs griefs contre la nouvelle politique de l'ancien roi de Navarre.
De Maisse doit non-seulement ne pas attaquer ce sujet de plainte , mais en éviter l'approche. Si on le presse, il doit dire que «.il n'est prince qui doive trouver bon quQ ses sujets s'adressent en corps ni séparément aux estrangers pour en tirer faveur et support , sous quelque prétexte que ce soit *. » Il parlera de la préparation des articles qui doivent mettre en repos les réformés et rassurer
* Nous avons déjà entendu les ambassadeurs qui ont conclu le traité du 26 mai professer cette royale doctrine au nom de Henri IV contre l'intervention , autrefois recherchée, de la reine d'Angleterre dans les affaires religieuses de la France.
leurs amis ; et quant & leurs plaintes » il dira avec justice : « Qui considérera en quelle confusion Sa Majesté a trouvé ce royaume s'ébaiura qu'il n'est arrivé pis. »
Évitant tout débat sur ce point, l'ambassadeur devait établir avec insistance l'importance de l'union des deux couronnes « soit pour la guerre , soit pour la paix. Ici sont exposées avec une admirable convenance les négociations commencées avec l'Espagne avant et après la reprise d'Amiens. Le roi y joue un rôle plein de noblesse et de scrupules. Il a d'abord c fait fort peu de compte de ces poursuites et recherches. • Enfin» il n'a vu, dans les dernières offres si avantageuses de l'Espagne, qu'une occasion de savoir où elle en voulait venir ; il s'est c contenté d'avoir appris ses intentions. »
Maintenant c'est à son alliée qu'il demande conseil. Il presse Elisabeth de dire son avis. Le légat sait que l'accord de l'Espagne et de la France est soumis à F appréciation des alliés du roi. Si la reine commence par demander elle-même l'avis