‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 5 sur 145 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ce succès, chèrement acheté, qu'un moyen d'arriver à la paix.

Quarante années de règne et de guerre, Favertement des plus grandes entreprises, la perte des plus vastes espérances, l'inutilité reconnue

des coups les plus hardis et les moins scrupuleux, la lassitude d'un esprit toujours irrésolu et toujours contraint de prendre les décisions les plus importantes et les plus irrévocables, la perte de la santé, la certitude d'une mort prochaine, de cruelles et légitimes inquiétudes sur l'avenir de sa famille et de sa puissance, inspiraient à Phi* lippe II des pensées pacifiques et lui donnaient le désir de voir s'apaiser avant sa fin l'agitation sanglante où s'était consumée sa vie. Des pensées bien différentes ramenaient donc l'un vers l'autre

crétaire pendant l'ambassade de de Maisse (Joumo/, 384). Nous verrons que la pauvreté du roi d^Espagne et du cardinal Albert approchait de celle du roi de France et que Tavarice d*Élisabeth n'était, dans ce siècle de grandes nécessités et de petites ressources i qu une prudente écQnomie.

ces deux adversaires. Henri lY cherchait dans la paix le véritable commencement de son règne, un repos nécessaire à ses peuples, une liberté d'esprit et d'action nécessaires à ses desseins; Philippe II n'y cherchait que le repos de ses derniers jours et quelque espoir de sécurité pour une fille qu'il ne voulait pas laisser sans appui, en face d'un fils sans respect pour son père et sans amitié pour sa sœur.. La fille de la touchante Éli^ sabeth de France, l'infante Isabelle avait été de tout temps destinée par son père à porter une couronne, et la politique de Philippe II tendit longtemps, par des voies diverses, à la faire régner dans la patrie de sa mère. Dès i 581 , lorsque le duc d'Alençon semblait sur le point d'épouser la reine d'Angleterre, le roi d'Espagne tenta de rompre ce mariage redouté, en faisant désirer à Henri III et à Catherine de Médicîs le mariage de l'infante avec le duc d'Alençon. Les projets de Philippe II pour la grandeur de sa fille s'élevèrent bientôt avec sa fortune et avec les discordes de la

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