‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 6 sur 145 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

France. Aux étate généraux de 1593, l'ainbassadeur d'E^agne proposa ouvertement de ta faire reine de France. Mais en avouant que son père de&* tinait sa main à rarchiduc Ernest, il révolta ce que ' la passion religieuse laissait- subsister, dans cette assemblée, de bon sens et de sentiment mational. Elle fut alors un peu promise à tous les chefs de la Ligue qui pouvaient prétendre à la couronne de France. Cependant, lorsqu'il fut évident que la main habile, posée dès 1589 sur cette couronne, ne la laisserait pas échapper, Tinfante fut de nouveau destinée à Tarchiduc Ernest et dut gouverner avec lui les Pays-Bas. La mort prématurée de l'archiduc rompit ce projet qui succédait à tant d'autres ; et vers la fin de Tannée 1597, Philippe II, résolu enfin à marier sa fille au cardinal Albert, hâtait de toutes ses forces Taccomplissement de ce dernier dessein que les événements et que sa fin prochaine pouvaient traverser encore. Isabelle avait alors trente et un ans. Il y avait seize ans que les accidents.de la politique et de

la guerre nouaient et dénouaient pour elle ces alliances, où se reflétaient fidèlement les fortunes diverses de son pays.

La paix devait précéder le niariage d'Isabelle et du cardinal Albert, et, malgré les succès qui avaient signalé cette courte guerre, Philippe II ne se faisait aucune illusion sur la possibilité de réduire la France et Henri IV à une paix désavantageuse et déshonorante. Le royaume dont il n'avait pu disposer aux plus mauvais jours de la Ligue, et aux plus beaux moments de sa propre puissance, était désormais hors de toute atteinte sérieuse, malgré l'épuisement des fmances et le découragement des populations. On pouvait achever de ruiner la France en prolongeant la guerre, sans espérer la soumettre, et encore ne le pouvaiton qu'au prix de la ruine complète de l'Espagne. Soit calcul, soit indigence réelle, Philippe II laissait le cardinal Albert manquer d'argent et le tenait dans T inaction après de soudains efforts et de faciles succès. Ses troupes étaient mal payées,

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