‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 54 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Etat religieux de l'Angleterre. — Indifférence Bur les quettiens de doctrine. — Apostasies fréquentes et acceptées par l'opinion. — Cecil et Elisabeth. — Penchant d'Elisabeth pour ce que l'Église anglicane a gardé de l'Église romaine. — Son aversion pour le mariage des prétres.^Elle ne souffre pas la liberté de la chaire. — Whitgift et les Puritains. La sécularisation des biens est irrévocable. — Faiblesse des catholiques f malgré leur talent et leur audace. — William Allen. — ^^Le mariage d'Elisabeth avec le duc d'Anjou redouté de la nation. — Le livre de l' A &<me.— Supplice du puritain Stubb et de plusieurs catholiques. — Force naissante de l'opinion publique. — Faiblesses du parti puritain. — Tentative et mort de Hackett. — Les incrédules croient à la sorcellerie.

Ce désir d'indépendance politique et religieuse, agitant une faible minorité de la nation, pouvait irriter l'orgueil d'Elisabeth, mais n'était pas de nature à inquiéter sa prévoyance. L'état religieux de l'Angleterre était surtout bien éloigné

,dc ce qu'il allait devenir sous la double influence des événements et des passions. Non-seulement le plus habile politique n'eût pu imaginer alors que les puritains dussent un jour vaincre et condamner le souverain, soumettre l'Irlande et gouverner l'Angleterre, mais il n'était pas même permis d'affirmer que le protestantisme fût vraiment et à jamais la religion nationale, le signe et la garantie de l'indépendance extérieure et de^ libertés publiques du peuple anglais. Cette solidarité entre le culte et les institutions de l'Angleterre, qui sera plus tard affermie par les plus violentes épreuves et qui abrégera la restauration des Stuarts, n'existait pas encore et devait sortir de l'enchaînement des circonstances. La date encore récente de la réformation anglaise, les limites dans lesquelles la royauté l'avait elle-même entreprise et contenue, les nombreuses traces qu'elle avait gardées de l'Église romaine , les brusques oscillations qu'elle subit après Henri YIII, et les apostasies successives, exigées par le souverain et accordées par la

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