‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 56 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tendances , par moments manifestées , lui inspiraient plus d*éloignement et plus de colère encore que les dogmes et les anathèmes de F Église romaine. Elle redoutait les catholiques, mais elle

haïssait les puritains. Il est enfin permis de dire qu'en se montrant à l'étranger fermement protestante , qu'en secondant les calvinistes contre leurs souverains, en Ecosse, en France, aux Pays-Bas, elle sacrifia, selon sa glorieuse habitude, ses inclinations particulières aux nécessités de la politique anglaise et à Tintérêt supérieur de son pays.

L'Église anglicane conserva donc sous son influence la plupart des cérémonies catholiques et resta, aux yeux des protestants rigides, fort mêlée d'idolâtrie. Les fêtes religieuses de la Noël de 1597 étonnèrent de Maisse par leur splendeur. 11 y vit la reine aller à l'offrande, conduite par le comte d'Essex ; les évêques et les prêtres, t habillés à la catholique , » la musique et les chants , les surplis, les chapes et les aumusses qu'il ne s'attendait pas à retrouver à Londres , le surpri-

rent ; il attribua, avec raison, ces restes de catholicisme au goût et à la volonté de la reine K Hais de toutes les innovations que la réforme anglicane avait imposées à l'Angleterre, celle qu'Elisabeth souffrait le plus impatiemment était le mariage des prêtres. Son éloignement général pour le mariage , qui fut à sa cour une cause fréquente de disgrâce, allait jusqu'à l'aversion et au dégoût le moins dissimulé lorsqu'il était question du mariage ecclésiastique. De Maîsse remarque que si les évêques précèdent les barons au Parlement, les femmes de ceux qui sont mariés n'ont point le titre de dames et prennent rang après les baronnes. En 1561 , Elisabeth , parcourant avec Essex le

' « La reine, qui n'aime pas les choses nouvelles , ny le grand chancellier, qui est son principal conseiller, n'ont jamais voulu toucher à cet ordre, encore qu'elle en ait esté assez sollicitée par plusieurs ministres qui sont passés en Angleterre pour cet effect... Elle estime cet ordre estre un grand ornement du royauJme...^ et semble, hormis les usages, qu'il j a peu de différence quant aux cérémonies d'avecques celles de Rome. » Journal, 235-

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