‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 61 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

aussitôt après, une promesse formelle d'y renoncer. Mais ce sentiment même n'altérait point l'état général de l'opinion sur le parti catholique, et Walsingham l'exprimait fidèlement en répondant aux intercessions de l'ambassadeur de France « qu'il n'y avait plus en Angleterre de papiste par conscience, mais bien une faction papiste. •

Une certaine popularité , un renom mérité de patriotisme n'élevaient pas cependant le parti puritain au-dessus des misères humaines, et ne l'exemptaient point surtout des infirnlités de tout temps particulières aux opinions extrêmes : parmi les chefs on comptait plus d'un hypocrite , plus d'un insensé parmi les fidèles. Un précepteur d'Elisabeth, sir John Cheke, connu par ses opinions puritaines, s'enfuit sur le continent à l' avènement de la reine Marie ; saisi entre Anvers et Bruxelles, et renvoyé en Angleterre, au mépris du droit des gens, il se résigna à l'apostasie, bien plus, au honteux supplice de siéger parmi les juges des protestants, et de prononcer contre ceux

qu'il avait trahis des condamnations capitales. Réduit â faire des martyrs ou à Têtrc lui-même, il n'eut point Thonneur de bien choisir, maïs presque aussitôt il mourut de douleur d'avoir mal choisi. Plus tard, Robert Brown, de Tuniversité de Cambridge , donna un exemple plus affligeant encore , car il vécut de sa défection et prospéra pendant qu'on mourait autour de lui pour ses propres doctrines. Son enseignement puritain fit des prosélytes et lui attira la persécution ; emprisonné, puis fugitif en Hollande, il revînt setrétracter, fit acte d'adhésion & l'Église anglicane et assura sa fortune. On pendit quelques-uns de ses disciples en 1583, dans le comté de Suffolk ; mais l'Église browniste traversa l'épreuve de la trahison et des supplices et garda sa place parmi les premières sectes indépendantes de l'Angleterre. Il faut remarquer, à l'honneur des puritains, que ceux d'entre eux dont le fanatisme touchait à la folie, tendaient plutôt à convertir la reine qu'à l'assassiner, la suppliant sans cesse avec une im-

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