‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 73 sur 145 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ses voyages sur le continent ; il offrait avec «npressement une hospitalité intéressée à ce proscrit célèbre, si bien instruit des affaires de TEspagne et devenu le jouet de la fortune, Antonio Ferez, dont une main savante a parmi nous restitué et animé pour toujours la tragique histoire.

Mais tous les contemporains d'Essex s'accordent à reconnaître que ses qualités et ses défauts n'étaient point faits pour la cour, et que s'il trompa longtemps Elisabeth sur ses véritables sentiments pour elle, c'est qu'elle était, sur ce sujet seulement, trop facile à tromper. Il était en réalité aussi inhabile à cacher ses passions qu'à les conduire. Il se fit peu d'ennemis, mais il se les fit irréconciliables; son aversion déclarée ajouta contre lui dans l'âme vindicative de Robert Cecil le ressentiment à l'intérêt ; sa jalousie et son injustice dans le commandement exaspérèrent Raleigh qui ne put s'empêcher, malgré les conseils de ses amis, de venir repaître ses yeux de la mort sanglante de son rival. Populaire au loin, il se créait

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autour de lui d'inutiles adversaires et s'attachait peu d'amis véritables , par la défiance qu'il inspirait aux sages sur la solidité de sa fortune. Le prudent BacoQ se jugeait en môme temps que le comte d'Essex lorsqu'il écrivait : « Je ne connais à milord qu'un seul ami^ qui est la reine» et qu'un seul ennemi) qui est lui-^môme.

11 ne sut pas même se ménager cette unique et puissante amitié qui était son seul soutien dans le monde. Il la lassait par de vaines exigences et l'épuisait pour des satisfactions mesquines. Il ris* quait toute sa faveur pour rendre, par contrainte, la faveur de la reine à Davison , irrévocablement sacrifié depuis la mort de Marie Stuart qu'on avait voulu attacher à son nom. Il avait combattu et inutilement vaincu pour réduire Elisabeth à voir la veuve détestée de Leicester. Lui-môme, n^échappant pas & l'écueil de tous les favoris de la reine, il avait épousé, à son bisu, la veuve de Sîdney, et ce ftit un des emportements mémorables d'Elisabeth. Enfin, en 1598, une scène inouïe»

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