‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 80 sur 145 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Son faste n'avait rien de vulgaire ; elle l'ennoblissait par le goût des arts, et si elle avait la passion du luxe, elle en avait Tintelligence. Elle s'était fait à Windsor son cabinet des glaces ; l'or, l'argent, ingénieusement travaillés, la soie surtout, alors si précieuse, brillaient partout autour d'elle. Elle aimait les instruments de musique, les recherchait curieusement , savait s'en servir et le montrait volontiers aux étrangers. La danse lui plaisait ^ fort et , de toutes les danses , la pavane qui était la plus grave, que les cavaliers dansaient avep le manteau et Fépée, et les fenmies avec la robe traînante, lui plaisait le mieux. Elle dansa devant Meivil, ambassadeur de la reine d'Ecosse, et lui demanda qui d'elle ou de Marie Stuart dansait le mieux ^. Elle aimait les fêtes splendides, mais elle y faisait la part de l'esprit et l'on ne peut séparer la gloire de Shakspeare de la sienne. Quatre

^ Meivil lui répondit, non sans finesse : ^ That the € queen danced not so high nor so disposedly as she ♦ did. » — MelviVs Memoirs,

troupes de comédiens étaient ^ gqn service particulier, et elle faisait jo\ier parfois dQvant elle les acteurs de Tun des sept théâtres qm ^^ondres comptait déjà, et qu'vm public déj|à cultiva fusait vivre *•

Sa façon de vivre se ress^utaii hs h foia de Tisolement que lui imposs^eut s^ grandeur çt son céli* bat et des pr^autioQs qu'exigeait sa sûreté. Elle mangeait seule dana ^ Qbambre, On servait le repas dans une grande aalle qui précédait cette chambre. Une jewe 6lle de l» suite de la» reine s'y tenait, assistée d'une dwme d'honneur* Des gardes lui présentaient chacun m plat et elle leur en servait h chacun Moe bouchée, avant de leur ordonner

* Li^ première Licence accordée à une troupe de comèdieDS date de 1574. C'étaient des seryiteurs de Leieastf^T, organisé» et entret^^ë piir le favovi^ La veine eut plus tard les siens et les payait ayec une libéralité qui ne lui était pas ordinaire. L'année de l'ambassade de de Maisse à Londi^s, 1597, vit jouer le Marchand de Venise et Hamlet, Comme tous les ambassadeurs da temps, de Maisse mentionne les Comédies de la cour, sans soupçonner ce qu'elles ayaient d'immortel.

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