CHAPITRE VII
de porter le plat à la reine. Une garde d^environ cent cinquante hommes» vêtus de velours. rouge, veillait sur sa personne et faisait le service du palais ; mais elle était entourée de plus près par cette célèbre compagnie des gentilshommes -pensionnaires, qui ajoutait Téclat d*une grande fortune & la naissance et qui n'avait point de rivale eir Europe. Lorsqu'elle paraissait en public, le grand chambellan, suivi de la noblesse qui se trouvait à la]cour, ouvrait le cortège, puis s'avançait la reine, ayant à ses côtés les chevaliers de Pordre de la Jarretière ; derrière elle marchaient ses gentilshommes-pensionnaires ; les filles d*honneur de la reine fermaient cette marche pompeuse. La splendeur de tous ces costumes n'efiaçait pas sa parure où la soie disparaissait soi^ les pierreries et les perles*.
* Hentzner Ta yue en public arec une perruque rouge, oouyerte de perles, une robe de soie blanche, brodée en perles, un long manteau de soie noire brodé d'argent ; au lieu de collier elle avait au col ce que de Maisse appellera « un carcan » très-large , couvert d'or et de
Ce luxe se répandait autour d'elle, sortait de sa cour, gagnait la ville et ébranla plus d'une grande fortune. Elle essaya inutilement de réprimer par des édits cette émulation de splendeur dans les ameublements , dans les costumes, dans les armes même, qui faisait écouler trop d'argent hors du royaume , tout en témoignant de la prospérité de son règne et de l'influence générale de son exemple. On l'imitait encore à sa cour par le goût répandu des lettres, de la culture de l'esprit et de toutes les applications ingénieuses de Tintelligence. Ses femmes s'occupaient de parfumerie , se piquaient de savoir panser une plaie et soigner les blessés. Elles lui faisaient leur cour en étudiant les langues du continent, en devenant capables de lui parler
bijoux et destiné à cacher les rides du col, la poitrine et les mains étincelantes de diamants. — Les divers costumes que lui verra de Maisse seront tous d'une extrême richesse. — La reine et, à son exemple, les nobles conservaient dans une vaste garde-robe les costumes qu'ils cessaient de porter, ne voulant pas les voir sur leurs serviteurs. Elisabeth laissa en mourant trois mille costumes portés par elle. — Drake, II, 91.