CHAPITRE VIII
prise sembla cependant venir se jeter eptre les mains de Baleigh. C'était unecaraque espagnole, venant des Indes orientales et se dirige&nt paisi-^ blement vers Gividad, Elle fut bientôt reconnue et désirée par les Anglais^ qui la laissèrent s'approcher. Mais un vaisseau hoUandais impatient fit feu sur elle et la détrompa. Les Espagnols changèrent un instant de direction; puis revinrent, avec une hardiesse heureuse, s'échouer brusquement sous le canon de Gividad. La caraque fut aussitôt déchargée, puis incendiée par les troupes espagnoles, sous les yeux des Anglais, irrités de se voir encore une fois joués par la fortune. Après avoir inutilement menacé les côtes de TEspagne, ils avaient va glisser entre leurs mains les richesses des deux mondes ; et lorsque, le 9 octobre, Essex, rejoignant Raleigh, donna le signal du retour, ce fut avço tristesse et non sans ressentiment contre les rivalités de leurs chefs, que les Anglais reprirent le chemin de la patrie. Ils n'y arrivèrent que dans les damiers jours d'octobre, fatigués de nou-
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veau et battus par la tempête. Cette fois, cette fureur des éléments ne fut pas sans profit pour l'Angleterre. La flotte espagnole, qu'Essex s'était vanté de brûler dans ses ports, avait pris tardivement la mer et souffrit de la tempête beaucoup plus que les Anglais. Gomme pour ajouter aux hasards singuliers de ce voyage, les deux flottes ennemies, Tune revenant dans son pays, l'autre dirigée contre quelque port de la Comouailles, traversèrent les mêmes eaux et y luttèrent contre les mêmes orages, sans se rencontrer, sans s'apefcevoir une seule fois. Ce fut un vaisseau espagnol, jeté par le mauvais temps dans la rivière de Darmouth, avec son équipage à demi mort de faim, qui apprit aux Anglais que la flotte qu'Essex était allé détruire en Espagne l'avait, pour ainsi dire, convoyé à son retour en Angleterre.
Des déceptions, plus douloureuses que Ofiàes de son voyage, attendaient Essex à la coiu*. Il ne s'en éloignait jamais sans défiance, craignant avec raison d'y trouver tout changé et averti du péril