CHAPITRE VIII
fidèle de sa pensée, et il ne songera qu'à retarder pour la France une paix dont Theure n'était pas venue pour l'Angleterre. Essex, au contraire, désirait vivement que l'Angleterre mît toutes ses ressources à la disposition de la France contre l'Espagne, et embrassait avec le plus d'ardeur la partie la moins sérieuse de la mission de de Maisse, cette demande de secours que l'ambassadeur était déjà résolu de laisser à Técart. Mais le comte d'Essex osait moins que jamais se montrer trop ami de la France et trop désireux de la guerre, et dissimulait des sentiments qui eussent donné prise à ses ennemis.
Cependant, pressé par les lettres de Villeroy, qui lui représentait sans cesse que les négociations avec l'Espagne étaient suspendues jusqu'à la conclusion de son ambassade, impatient lui-même des lenteurs de la reine, de Maisse commençait à s'en plaindre. Les gentilshommes d'Elisabeth se succédaient chez l'ambassadeur, apportant chaque jour des délais et des excuses. Le 7 décembre il
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comptait sur une audience, un mal de dents la fit de nouveau reculer.
Le 8, un carrosse de la reine vint le prendre et le conduisit à la Tamise ; une barque Ty attendait, et il fut introduit à Whitehall par l'entrée qui donnait sur le fleuve. Elle lui parut triste, obscure, indigne d'une maison royale. Accompagné de plusieurs gentilshommes qui le remerciaient avec courtoisie des services qu'il avait rendus aux Anglais pendant son ambassade à Venise, de Maisse traversa la salle des gardes et arriva dans la chambre de présence. Le grand chambellan l'introduisit dans la chambre privée, et il se trouva en présence de la reine.
D'un côté de cette chambre se tenait debout un assez grand nombre de seigneurs et de dames ; à l'autre extrémité, Elisabeth était assise sur un
siège fort bas; personne n'était auprès d'elle. A l'entrée de l'ambassadeur, elle se leva et fit quelques pas au-devant de lui ; il s'inclina et baisa le bas de sa robe, tandis que la reine, le relevant,