‹ ElisabethChapitre 12 sur 28 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

chante tim'dilé , la grâce modeste de la jeune Cananéenne, et une sorlc d'enchaiilement s'iiisinuait par degrés dans son cœur, comnit ia douce vapeur du sommeil s'insiiiue dans dos yeux appesantis, lise disait en lui-même. « Cc^t aujourd luii que Bieu a promis qu'il me mou ■ trerait l'épouse qu'il me destine ; mais D.'cu' agréera-t-il pour sa servaiUe celle qui fut profanée par l'impie ? Oii ! puisse-t-il pardonner ù Rahab comme je lui pardonne! Bieu d'Israël, disait de son côté ia jeune fille, si un songe nu m'a pas trompée, un de tes enfants est desliuo à sauver m.on âme , et moi à sauver sa vie. Oh ' que ce soit celui-ci, et je n'aurai pas implort; ton nom en vain.

Cependant ils arrivent bientôt à la maison de Kahab. Elle est simple et comroode; on n'y voit point briller le marbre, l'or ni la soie; mais une jeune vigne en tapisse le mur, eu couvre lo toit, et un épais berceau de plitaiiesetdc citronniers en ombrage l'entrée; située près du rempart, elle s'élève au-dessus et domine sur la campagne . Aussitôt que les voyageurs ont passé le seuil de sa porte, la jeune Cananéenne s'empresse auprès d'eux , et leur prodigue I0U.S kvo devoirs de Thospitalité ; elle remplit un grand vase d'airain c'une eau tiède et odorante, afin de laver ciie-mcme ieui's pieds fatigués; ciîo

i8o LA PRISE DE JÊRICHOj

toiivrc une table de gâteaux de pur froment, de dattes j dolives et d un rayon de miel doré, et verse, dans des coupes couronnées de fleurs, du lait pur et du vin doux. Dans tous ses soins , dans tous ses mouvements, la jeune pécheresse a tant de simplicité et d'abandon, le sentiment de ses fautes imprime un caractère si touchant à sa physionomie, qu'Issachar, de plus en plus enflammé, lui donne déjà dans son cœur le nom de sa bien-aimée; mais, soumis à la volonté du ciel, il attend que le Seigneur ail parlé pour oser expliquer ses vœux ,

Avant que le sommeil vienne fermer la paupière des voyageurs, Rahab, attentive à tout ce qui peut leur plaire, prend un cistre d'or, e-t mêlant sa voix mélodieuse à l'instrument, elle chante un cantique sacré. lîoram et Issachar ont entendu souvent les chœurs des filles d'Israël, mais jamais une si ravissante harmonie ifa frappé leurs oreilles, .jamais la piété n'honora plus dignement le nom du Seigneur. lîoram étonné s'écrie : « O fille de Canaan! par quel prodige, au printemps de làge, séduite par les plaisirs, plongée dans les voluptés, au fcein dune nation idolâtre, avez-vous eu con- )i;.iisoanee du vrai Dieu, et avez-vous appris à (hanter ses louanges au milieu des cris blasphémato'urs des infidèles ?IIéiasî reprit humblement

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