‹ ElisabethChapitre 13 sur 28 · LIVRE II. i8i · texte numérisé non relu

LIVRE II. i8i

hahab, sans doute que le Tout- Puissant a vu que je péchais par ignorance , et qu'il n'a pas voulu me laisser à jamais dans les ténèbres de l'erreur. Je me souviens qu'un jour, la tête couronnée de roses, je formais avec mes compagnes des danses licencieuses autour des idoles de Baal , quand je fus saisie tout à coup d'une froide sueur et d'un frémissement involontaire; je ne vis plus le temple qu'avec horreur, et je m'en éloignai précipitamment. Je sortis de Jéricho , et me mis à courir dans la campagne comme une insensée, sans prendre aucun repos la nuit, et ne cherchant le jour que l'eau de quelques fontaines, qui calmait à peine la soif ardente et la fièvre intérieure qui me dévoraient. Effrayée de mon état, je m'écriais, les yeux baignés de larmes : N'est-ce pas à caus.e que le Dieu, fort n'est pas avec moi, que ces maux-ci m'ont trouvée ? Enfin , un jour , lasse d'errer dans les lieux sauvages, je vins m'asseoir sous les grands sycomores qui ombragent de bord du fleuve, et de là apercevant la pointe le Phasga, un trouble confus s'éieva au-dedans de moi ; mes sanglots redoublèrent , et l'Éternel paria à mon cœur. C'est là qu'est le peuple d'Israrî ^ me disais-je, ce peuple aimé du seul vrai Dieu, et destiné à régner sur l'héritage de nos pères; c'est-là que réside l'étQrnel roi des siècles et la

l8i LA PRISE DÉ JÉRICHO,

sdul'ce' cTe tdute liimicTe j c'est'là que RahaB Voudrait êtr'e, non ponr séduire les serviteurs de Dieu , comme Tont fait les filles de Madrân , mais pour se convenir à sa parole, et retrouver le repos qui la fuit. Alors je m'endormis; et, durant mon sommeil , il me sembla qu'un air^é m'apparaissait. Rahab, me disait- il, tes cris ont; été jusqu'au trône du Très -Haut, et il i'ti regardée avec compassion ;jion-sciilement il texcepte de la réprobation dont il a juré d'envelopper tous tes frères , mais il veiit que de tÔn sang naisse le Messie, qui doit aprendre au -' monde qu'il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui s'amende que pour dix justO-s qui n'pnl jamais failli. Purifie tes désordi^es J)àsst^s par une vie austère et chaste, et prends confiance en la miséricorde divine. Un jour, le plus beau des fils de Jacob te prendra dans ses bras et té

nommera son épouse « A ces mots, Rahab

neputs'empecherde lever lesyeuxsurlssachar; mais les baissant aussitôt, elle rougit comme la > nue tran^^parente dont le soleil s'enveloppe en quittant Ihorizon; sa voix tremblante expira sur ses lèvres entr'ouvertes, et elle n'cnit pas la force d'achever son récit. A cet instant, un bruit tumultueux se fit entendre à la porte, u Ce sont sans doute les envoyés du roi, s'écria Rahab ciTrayée; depuis long- temps on craint ici Tir-

ruption d^ vos frères, on se.ljpijl sur aQSgfircles ; il y a des espioiisj parloiit,, ei la vue de deux étrangers aura iuspirc des ,^0!ipi;o|isj njiiMsne craignez rien, je saurai vaufj.,^auv-crj dussé-jp perdre la vie. n Ey. pa^aiU ^ijnsi, c|le les fait promptenient moiUer d,u haut aeja maison , les couvre de paille de lin, et court eusuite ouvrir aux troupes du roi. « Qii a vu, lui iiil le chef , deux Israélites entrer cet soif Qar*?> nos xnurs; pn sait qu'ils sont çh-QT. vous,: il fa.wf les Uvr.ei' surle-champ. Il est vrai, dît elle, q,u"à. l'eutrée dq la nuit deux ctraucfers sont venus me uemandcr un asile ; mais sans doute ils ont craint de ne pas y cire en sûreic, car ils se^.^on^ Jliâtes dç quitter Ivi vilje avant Tlieure 0[\ Vo\\ fernie les porles- Ualiab, reprit le chef d'un ton menaçant, les y euv sont, ouverts sur vpus : ou vous accuse dlionorer en secret le Dieu d'Israël; trejnblcjp, si. on découvji'e que vous avez caché ces perfides étrangers. Je, vous,, ai déjà dit, répondit - elle tranquillement, qu'ils ne sont plus dans ma maison j san? doute ils ont pris la route du grand fleuve ,. afin, de se .reacirc à leur camp. Je cours à Jeur poursuite, s'écria le chef; mais s'il nous ^-^chappcnt , tremble:., vous dis-je, votre vie nous répond d'eux ; et si la fuite vous dérobait à notre vengeance , votre famille entière, traiiiée au supplice, expierait

i8i LA PRISE DE JÉRICHO,

TOtre trahison. Soyez sûr que je ne f oublierai pas , » lui dit-elle en croisant ses deux mains sur sa poitrine, et baissant humblement la tête. Alors le chef la quitta. A peine Rahab l'eut-elle vn s'éloigner avec sa troupe , qu'elle se hàla d'aller délivrer ses deux captifs. « Le roi est instruit de votre arrivée dans ces murs , ditelle , vous n"v êtes pas en sûreté ; fuyez , prenez celte corde, glissez-TOus dans la campagne le long du mur. Tandis qu'on vous cherchera au bord du fleuve , gagnez la vallée de Janoé , traversez le torrent de Carith , cufonccz-vous dans les cavernes de Salira. Dans trois jours je v ous y porterai , avec quelque nourriture fraîche , tous les détails que votre général vous a chargés de recueillir. Non , charn>ante et généreuse Rahab, s'écria vivement Issachar, nous ne partirons pas sans vous. Venez dans les plaines de Moab recevoir les bénédictions de nos frères, et montrer aux filles d'Israël Tépouse que l'Elernel destine à l'heureux Issachar. Je ne puis croire , reprit-elle en baissant les yeux , qu'une semblable gloire soit jamais le partage d'une pauvre pécheresse comme moi. L'Éternel Ta juré , interrompit Issachar : celle qui sauvera Israël verra sa postérité régner sur toute la Palestine, et partagera la couche dlssachar. Venez donc avec nous, ô Rahab! venez, ne crai-

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