‹ ElisabethChapitre 19 sur 28 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

dit- elle, c'est mon Lien-aimé qui accourt; » et à cette douce pensée, son sein se gonfle et s'abaisse comme les ondes du ruisseau qu'agite la brise du, matin! Issachar, éperdu dp joie, la presse sur son cœui' : « 0 fille de Jéricho! s'é-^ crie-t-il, est-ce bien toi que je vois? Ta présence me rend à la vie ; si tu avais tardé un jour de plus, Issachar allait mourir. Viens t'asseoir auprès de moi sur Tlierbe fleurie : que mon amour te délasse. Voici des fruits préparés pour toi, mangcs-cn, mahien-aimée.Quetuesbelle, ô RahaL ! Le lis de la vallée est moins blanc que toi ; tes lèvres sonl plus fraîches que la rose de Janoé, et ton haleine plus suave que son par- 1 fum. Quand tu me regardes, mon cœur bat avec itant de violence qu'il me semble nue je vais mourir; car tes yeux sont tendres comme ceux de la gazelle. Dis-moi que tu m'aimes; d:s-le, répèlc-le sans cesse, que j'entende de la bouche ces mots plus doux que le pren.icr aonge d'amour. Issachar, répondit-elle en rougissanl, je t'aime, et le ciel m'est témoin que je nelul demande d'autre bonheur que ion amour, et d'au- ♦.re gloire que ton hymen; mais soumise aux lois du Seigneur, je ne veux approcher de toi que quand il l'aura permis. Jus({ue-là que nos caresses soient innocentes et pures comme I celles que: la chaslc vierge reçoit de son père.

O la plus belle des filles! s'écria IssacUar, que me demandes-tu? et comment pourrai-je t'obéir? Viens, pose ta tête sur ma poitrine; caches-y ta modeste rougeur, et eniace tes bras autour de moi, de même le lierre flexible s'attache au. cèdre de la montagne. Non, non, reprit Rahab en le repoussant, je cours chercher Horam, c'est lui qui recevra les avis que le( Seigneur me commande de donner à son peuple, et que tu refuses d'entendre. » Elle dit, et s'échappant, Icgère comme une biche , elle rase le gazon que son pied courbe à peine, tandis que le vent, en se jouant dans les plis de sa robe ondoyante, découvre de nouveaux charmes à Issachar qui la suit. Elle fait retentir la vallée du nom d'Horam.

De l'autre côté du torrent, lîoram l'a entendu; il accourt, il paraît sur le haut dune roche escarpée, dont la pointe domine à pic sur le Jourdain. La vue du sage ranime les forces de la jeune Cananéenne, et l'Eternel qu'elle implore, rÉtcrnel lui-mcme a doublé le courage do son cœur. Elle vole autour du rocher, le gravit légèrement , atteint bientôt le sommet où Iloram l'attendait , et , en arrivant près de lui , tombe épuisée par la fatigue et le triomphe q u'elle vient de remporter sur sa propre faiblesse. Le grave Horam la soutient et lui dit : « Noble

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