‹ ElisabethChapitre 6 sur 28 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Israël en deuil, campé dans les plaines de Moab, pleurait depuis irenle jours son chef et son législateur, Moïse n'était plus, Josué l'avait remplacé; Josuë, moins éloquent, moins su-, hlime peut-être, mais aussi soumis à son Dieu et plus intrépide t^uerrier; c'était lui que TÈterucl avait choisi pour conduire les Hébreux" dans la terre de Canaan. Un jour qu'il priait sur les hauts lieux. Dieu se communiqua à lui, et lui révéla sa volonté en ces termes : « J'ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob de donner à leurs descendants le riche pays qu'occupent encore les fils de Canaan; il est temps de remplir ma promesse; marche contre les infidèles a la tête de tout Israël, traverse le Jourda'n ; et toute la terre où tu imprimeras tes pied.«, je le la donne, depuis le désert au midi, jusqu'au Liban au septentrion, et depuis î'Eupl rate à l'orient, jusqu'à la grande mer à l'occident. Cette vaste étendue de pays sera soumise à la domination des Hébreux, tant qu'ils observeront strictement mes lois. Toi, Josué, mon serviteur, que j'ai élu chef de ce peuple immense , fais-lui méditer jour et nuit mes commandements : qu'il soit soumis et fidèle, et j attacherai la victoire à ses pas. »

Dieu dit; et Josué, prosterné la face contre terre , sécria : « Que ta volonté soit faite y

i68 LA PRISE DE JÉRICHO,

6 Éternel! et que ton serviteur soit écrasé sous tes pieds comme un vermisseau, s'il n'exécuté pas ponctuellement tes saintes lois. » A ces mots une lumière resplendissante sortit de la nue, entoura et éblouit Josué, et l'elïroi s'empara de son cœur; il craignit de voir la face du Dieu vivant, que nul mortel ne peut envisager sans mourir (i). Mais Dieu le rassura, disant : ({ Ne tremble pas, car tu es mon serviteur bienaimé ; va, assemble ton peuple, et fais-lui part de mes volontés. » Alors la nuée se dissipa, et Josué, en se relevant de son humble posture, n'aperçut autour de lui qu'un cercle de terre consumé par le feu, et il délia ses souliers pour y marcher, car il connut que ce lieu était saint. Alors il descendit de la montagne, et quand il fut assis dans sa lente , il fit sonner la trompette sacrée , pour que toutes les tribus se rassemblassent autour de lui. A cet appel , qui annonçait que le ciel avait parlé, tout le peuple entier fut en mouvement, et parut dans ces vastes déserts comme les vagues d'une mer agitée ; chacun accourait avec empressement, interrogeait avec curiosité, impatient de connaître la révé-

(i) Et quand Gédéon eut connu qu'il avait vu l'Éternel face à face , il se crut mort ; mais Dieu lui dit : « Il va bien pour toi ; ne crains rien, tu ne mourras pas.»

{Jncjes, ch. 6, v. 22 et 28. )

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