‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 19 sur 94 · C.IIAlMTIiK VII · texte numérisé non relu

C.IIAlMTIiK VII

20 avril.

« Il y a aujourd'hui trente -sept ans, mon William venait au monde. Son jour de naissance, aujourd'hui, le passe-t-il dans le ciel? 0 mon ami bien-aimé, que mon âme serait heureuse si elle était réunie à la tienne ! Quelle joie si elle se retrouvait avec toi devant le trône de Dieu ! Ah ! si tu es encore dans les chaînes de la justice , comme je voudrais pouvoir [)arlager ta peine et l'adoucir ! Ne vous irritez pas contre moi , mon Sauveur; mais voyez mon désir, et soyez-moi miséricordieux !

«Mes chers petits enfants, point de fête joyeuse pour vous aujourd'hui! Et toi, chère Rebecca, sœur de mon âme, je ne sais quoi plus fort que moi me dit que, toi aussi, tu es au ciel. »

21 avril.

« Tant de jours passés à bord, et point de courage pour commencer à écrire mon journal ! 0 mon Dieu ! écoutez favorablement maprière, acceptez meslarmes...

« Vous ne serez point, tenté au delà de vos forces. Au sein même de votre épreuve, une voie se trouvera , par où vous pourrez échapper. Cette voie, Seigneur, il faut que je la cherche, ou je suis perdue. Point de ressources du dehors: c'est en votre saint nom, en lui seul, que doit être mon refuge. Nous voilà donc en chemin une fois de plus, ne comptant que sur vous seul, préfcédés de votre bannière, et portant votre croix. Si cet

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ennemi que nous ne pouvons fuir paraît devant nous, nous le regarderons en face, en invoquant votre nom : Jésus, Jésus, Jésus!

c( Seigneur, fortifiez nos âmes ! que tant de fermes propos ne soient pas de vaines paroles. Seigneur Jésus- Christ , ayez pitié de nous !

« Quand une âme met toute son espérance en son Dieu , se sentant prête à abandonner la terre entière et à tenir les plus chers liens de la vie pour moins que rien, au prix de son amour; quand cette âme , sincèrement résolue à servir Dieu et à lui obéir, se voit assiégée par les bas mouvements de la nature ; tentée , du moins en apparence, malgré ses prières, ses larmes, ses pénitences les plus rigoureuses, tentée de céder aux humiliantes suggestions du mal , ah ! c'est l'œuvre assurément de l'ennemi du salut... Mais quoi! ne le saitil donc pas? nous avons juré fidélité inviolable à notre Dieu. Le Seigneur est avec nous. »

23 avril.

« Cette journée, nous l'avons passée tout entière en vue des montagnes des Pyrénées. Je ne pouvais me lasser de les contempler délicieusement depuis leur base, noire comme le jais, jusqu'à leurs sommets éblouissants, couverts de neige et perdus au-dessus des nuages. Elles me parlaient si haut de Dieu ! Mon âme leur répondait involontairement dans le doux langage de la louange. Le paisible mouvement de la mer, si calme qu'on pouvait y voir comme en un mipoir la cime blanche des montagnes, colorée des feux du soleil ;

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la lune qui apparaissait de l'autre côté du rivage; plus encore, ce doux état d'une âme en paix avec ellemême, d'une âme fidèle à son cher Seigneur: tout cela a fait revivre en moi le souvenir des heures qui me furent les plus précieuses. Mon Dieu, mon Dieu, ne m'abandonnez pas !... Les Pyrénées séparent l'Espagne d'avec la France. Hélas ! des centaines de lieues me séparent des chers Highlands de mon pays '.... Dieu! patience ! espérance ! »

'•2() avril.

« Nous avons passé les détroits, et j'ai vu Gibraltar, avec mille souvenirs amers en pensant à ce qu'avait souffert mon William dans ces mêmes endroits que nous avions traversés ensemble.

« 11 y a deux journées dont j'ai oublié de parler, et pourtant, je ne veux pas les passer sous silence : l'une, oii nous eûmes en vue les grandes Alpes , qui séparent l'Italie de la France; l'autre , où nous fûmes arrêtés par un calme plat, en face de la ville de Valence, entourés (le tous côtés par la flotte de lord Nelson. Nous fûmes abordés par le Belle-Isle; et le jour d'avant nous l'avions été par l' Excellent , de soixante-quatorze canons. »

1 Les Highlands forment une chaîne de montagnes dans le New- Jersey, sur la côte de l'Atlantique. Les eaux larges et profondes de la belle rivière de l'Hudson, qui met eu communication New -York et Albany, coulent majestueusement en ligne droite, enclavées par les Highlands, dont les rochers perpendiculaires, plongeant dans le fleuve et s'élevant au-dessus de ses rivages , oôrent un des plus beaux spectacles qui se puissent voir.

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12 mai.

« Seigneur, je suis confuse en venant à vous, même pour vous rendre grâces de votre miséricorde et de votre longue patience à supporter mes nombreuses fautes et ma désobéissance à votre sainte loi. Mais quelle que je sois, misérable, en haine à moi même, pécheresse, vos perfections ne changent jamais; votre bonté et votre miséricorde ne connaissent point de limites. Sentant que je suis indigne, même de parler de vous, je ne laisserai cependant pas de vous bénir pour m'avoir épargné si longtemps la punition qui m'était justement due ; je ne laisserai pas d'adorer toujours cette infinie miséricorde , qui m'a offert tant de moyens de salut, bien que ma nature, portée au mal, en ait fait un si mauvais usage. 0 Seigneur Jésus! soyez encore miséricordieux à cette pécheresse misérable. »

25 mai.

« Le corail dans l'Océan est une branche d'nn pâle vert. Retirez-la de son lit natal , elle devient ferme , ne fléchit plus, c'est presque une pierre. Sa tendre couleur est changée en un brillant vermillon : ainsi de nous, submergés dans l'océan de ce monde, soumis à la vicissitude de ses flots , prêts à céder sous l'effort de chaque vngiie et de chaque tentation.

« Mais aussitôt que notre âme s'élève, et qu'elle respire vers le ciel, le pâle vert de nos maladives espérances se change en ce pur vermillon du divin et con-

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slaiit amour. Alors « nous regardons le l»fiuleversenit'iil lit! la nature et la chute des mondes avec une constance et une confiance inébranlables. «

La flotte anglaise que le Fiamminrjo n'avait pu éviter dans les eaux du golfe de Valence faisait partie de cette formidable armée navale que l'Angleterre avait opposée à la France après la rupture de la courte paix d'Amiens. Nelson, le futur vainqueur de Trafalgar, la commandait. A cette époque, cinq cent soixante -dix vaisseaux de guerre de toute espèce, appartenant à la marine anglaise , couraient l'Océan et bloquaient tous les ports de la France. Les rares navigateurs qui s'aventuraient dans ces parages pouvaient voir le pavillon britannique flotter dans toutes les directions à l'horizon, pour épier la sortie des navires, comme ces oiseaux de proie qui planent au-dessus des airs '.

Les Anglais ont toujours admis le droit de visite à la mer, c'est-à-dire le droit d'arrêter un vaisseau neutre ou ami, et de lui enlever les propriétés appartenant à un ennemi. Ils l'ont admis, et ils l'ont soutenu avec la ténacité qui leur est particulière, sans se rendre aux efforts tentés par la plupart des nations maritimes, qui le voulaient anéantir comme un prétexte à des abus odieux. Le Fiammiîigo se vit donc soumis à l'irritante formalité de la visite ; on la lui fit subir régulièrement; elle n'amena aucune découverte compromettante ; sa rencontre av( c les dominateurs de la mer n'eut point d'autre résultat fâcheux pour lui. Il se mit en marche, et couti-

< Voir Sir Walter Scott, Histoire de Napoléon Buonaparte.

nua à faire voile pour l'Amérique, lentement, retardé par les vents contraires, mais sans aucun incident nouveau.

Depuis le jour où, s'arrachant à ses jeunes enfants et à tant de liens très-chers qu'elle laissait en son pays, Elizabeth n'avait eu d'autre pensée que de disputer à lu maladie les jours de son "William, sa vie n'avait plus été qu'une suite d'épreuves. Jusqu'alors du moins, elle n'avait pas été seule à les supporter. L'espoir de conserver son mari, la douceur de lui prodiguer des soins, le bonheur de sa seule présence , avaient soutenu son courage tant qu'il avait vécu. Plus tard, Dieu avait envoyé à son aide ces tendres et dévoués amis. Toujours entourée d'affection, on ne pouvait la dire, au point de vue humain, entièrement à plaindre. Il était même un des côtés très-pénibles de sa situation, que la délicatesse et la générosité de MM. Filicchi avaient caché pour elle, comme sous un voile. Elle ignorait cette gêne extrême où elle se fût trouvée» s'ils n'avaient obtenu de sa couBante amitié qu'elle usât de ce qu'ils lui offraient comme en eût usé une sœur. A son retour aux États-Unis, mise en face de la réalité, qu'allait-elle apercevoir de l'état de ses affaires? Si la crise qu'elle et son mari avaient supportée courageusement ensemble , si les embarras précédents se prolongeaient encore, loin d'avoir fait place à une situation meilleure, quel appui pourrait-elle attendre de sa famille et de ses amis? Tout était obscurité, tout était inquiétude devant elle. Ce qu'elle savait à n'en pouvoir douter, c'est qu'à la première ouverture qu'elle ferait d'abandonner son ancien culte, et d'embrasser la religion

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catholique, elle allait ameuter coulre elle tous ceux sur qui elle eut compté si elle fût demeurée protestante.

A la vérité, indépendamment du bon ou du mauvais vouloir des siens, elle pouvait espérer un changement de fortune; car elle avait des droits, ainsi que ses enfants, pour avoir part à une indemnité que les États-Unis, par suite d'un traité avec la France, venaient datfecter à réparer les désastres du commerce des mers.

Ce traité qui intéressait à la fois l'agrandissement territorial de la jeune Union, et les droits de ses commerçants lésés dans les guerres maritimes , avait pour base la cession de la Louisiane. Bonaparte, le premier consul, venait de céder aux États-Unis cette vaste colonie fondée par les Français, perdue pour eux dans les dernières années du règne de Louis XV, dévolue à cette époque à la couronne d'Espagne , puis rétrocédée par elle, en 180i, à la république française. On voit que la France, rentrée en possession de son ancienne colonie , ne l'avait pas conservée longtemps. En effet , la cession de la Louisiane avait été conclue le 29 septembre 1801, trois jours avant la signature des préliminaires de la paix entre la république française et l'Angleterre ' ; mais avant même que le gouvernement français eût pris possession effective de sa nouvelle acquisition, des ferments de division , surgissant de toutes parts, avaient fait prévoir la rupture de la paix

1 Les préliminaires qui aboutirent à la paix d'Amiens, le 25 njars

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et renversé les projets que le premier consul avait conçus en entamant les négociations pour recouvrer la Louisiane. Mesurant d'un coup d'œil les difficultés qu'il aurait à la conserver, Bonaparte prit promplement la résolution de la donner aux États-Unis, en échange d'une somme d'argent qui payerait en grande partie laimement extraordinaire qu'il projetait contre l'Angleterre. Ace moment, M. Monroe arrivait en Europe, accrédité par les États-Unis pour régler divers intérêts entre son pays et les deux grandes puissances continentales; à peine sa présence à Paris était-elle annoncée, qu'il reçut la proposition inattendue du cabinet français. Sans être embarrassé par le défaut de pouvoirs , il traita sur-le-champ , sauf ratification de son gouvernement, de la cession de la Louisiane, en échange de laquelle Bonaparte fit demander quatrevingts millions ^ .

Les États-Unis consentirent à payer cette somme, à la condition qu'on en détacherait vingt millions, qui seraient destinés à indemniser les commerçants américains des captures illégalement faites pendant la dernière guerre. Les soixante autres millions devaient être versés dans le trésor français. La somme destinée à l'indemnité était assurément évaluée d'après des conjectures très-modérées. Cependant, comme la valeur de vingt millions équivalait alors à ce que serait le double de cette somme aujourd'hui, il se pouvait qu'elle fût suffisante'-. L'éventualité d'y avoir part était

1 Voir Thiers , Histoire du consulat et de l'empire.

2 Voir Barbé-Marbois, Histoire de la Louisiane.

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pour Elizabetli une espérance bien fondée : la seule , à vrai dire, qui lui restât de voir s'améliorer sa situation et celle de ses enfants.

Le 3 juin, après une traversée difficile, une navigation de cinquante-six jours, le Fiammihgo ntleignit le port de New- York. Les rayons du soleil couchant doraient les voiles du navire et se reflétaient dans les eaux de la baie.

Era già l'ora che volge il disio

A' naviganti, e intenerisce '1 cuore,

Lo di ch' han detto ai dolci amici addio i.

Ces amis, ces frères, ces enfants qu'Elizabeth avait quittés l'année précédente, allait-elle les retrouver tous ? Le cercle de famille , autour du foyer de la veuve , n'aurait-il qu'une place vide?. . . Quelque autre des siens aurait -il déjà rejoint son William?... La crainte et les joies de l'attente, ces joies si troublées pour elle , se disputaient son cœur. Hélas ! une nouvelle douleur allait accueillir son arrivée. L'amie la plus nécessaire à sa tendresse, la confidente de toutes ses pensées, la sœur préférée du mari qu'elle pleurait, Rebecca Seton, frappée dans la fleur de sa jeunesse, touchait au terme d'une impitoyable maladie. Elle respirait encore ; mais on eût dit que, pour quitter la vie , elle attendait seulement de revoir celle qu'elle avait si chèrement aimée.

< Déjà c'était l'heure qui tourne vers la terre les regrets des navigateurs, et qui attendiit leurs cœurs à la pensée du moment où ils dirent adieu à leurs doux amis. — Dante, // Purgatorio, c. viii, 1. Trad. de F. Ozauam.

JOURNAL D ELIZABETH

4 juin 1804.

« C'est doDC bien vrai, je serre encore mes chers enfants contre mon cœur! Dieu m'a rendu mon trésor tout entier, même la chère petite âme que j'ai si longtemps regardée comme un ange de plus au ciel. La nature me crie bien haut qu'ils n'ont plus de père ; mais en même temps Dieu me répond • Je suis le père de ceux qui n'ont plus de père , le protecteur de ceux qui n'ont plus de protecteur. J'ai bien sujet de m'attacher à vous, mon Dieu. Quel autre que vous ai-je au ciel et su?' la terre ?... Mon cœur et ma chair ont défailli; mais vous êtes ma force et mon partage à jamais.

« La sœur de mon âme n'est pas venue à ma rencontre. Elle aussi a bien avancé son voyage vers sa demeure céleste. Je crois pourtant qu'elle ne voulait pas partir pour l'éternité sans être accompagnée dans ce passage des tendres soins et des consolations de sa bien-aimée sœur. Revoir celle qui a été la chère compagne de toutes mes joies et de toutes mes pensées, de mes chants d'action de grâces et de mes hymnes de douleur; celle qui fut toujours, pendant tant d'années, à travers tant d'épreuves, la chère, la fidèle, la tendre amie de mon âme, hélas! hélas! la revoir perdue... l'ombre d'elle-même, prête à disparaître avant peu de jours ! . . .

c( Cette maison oii tout semblait me sourire, cette

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intimité des deux sœurs, unies par lu prière et les célestes affections... les hymnes «lu soir, les lectures laites chaque jour ensemble, nos mêmes contemplalions au coucher du soleil, l'office «les jours sacrés récité avec elle, le baiser de paix , la visite des pauvres veuves; tout est fini, fini pour toujours!... N'y aurat-il donc pour moi, en échange, que la pauvreté et que les chagrins?... Mon mari, ma sœur, ma maison, tout ce qui faisait le charme de mon existence, plus rien... seulement la pauvreté, les chagrins! Eh bien donc, vous aussi , pauvreté , chagrins , transformés par la grâce de Dieu , vous allez devenir mes amis les plus chers! Vous ne laissez voir au monde que vos tristes livrées ; mais , sous ces froides réalités , mon âme découvre la palme de la victoire, le triomphe de la foi, et les douces traces de mon Rédempteur, qui conduisent en droite ligne à son royaume éternel. Laissez donc que je vous salue, et que j'aille audevant de vous, d'un cciur joyeux. Recevez -moi sur votre sein ; et , chaque jour, conduisez - moi de vos conseils, pendant ce reste de mon voyage.

« Vous êtes accompagnés des grâces les plus abondantes. Par vous, l'aiguillon de la pénitence devient la paix de la conscience; la solitude des déserts est peuplée de la compagnie des anges. Le Seigneur les envoyait déjà auprès des justes, ces anges saints, dans ces temps où la lumière de sa vérité ne faisait que poindre sur la terre. Maintenant que \^. jour parfait, descendu d'en haut, a visité notre nature terrestre et l'a élevée à la dignité de son union avec Dieu , ces bienfaisants messagers seront -ils moins souvent pré-

sents parmi nous? seront-ils moins empressés à venir au secours d'une âme qu'ils voient altérée et comme haletante du désir de se joindre à leur éternel alléluia! Oh ! non , mon Dieu ! Je croirai les voir sans cesse autour de moi. A chaque moment je redirai avec eux : Saint, saint, saint, Seigneur, Dieu des armées! Les deux et la terre sont remplis de votre gloire.

18 juiu 1804.

« Ce jour a été pour ma Rebecca squ jour de naissance au ciel. Plus de veilles pénibles maintenant, sœur chérie ; plus de longues heures d'angoisse et d'agonie. Les prières de chaque moment , interrompues par la souffrance et par les larmes , sont remplacées à présent par l'alleluia éternel. Les anges bénis, qui furent si souvent témoins de nos faibles efforts , vous enseignent maintenant les cantiques de Sion. Chère, chère àme , nous ne prolongerons plus nos prières, à genoux l'une à côté de l'autre, jusqu'à l'heure de la chute du jour, et nos cœurs ne s'uniront plus pour soupirer après le soleil de justice : il vous a déjà reçue dans sa lumière qui ne s'éteindra jamais. Vous ne redirez plus avec moi nos hymnes de louange , les yeux fixés sur les astres des cieux : vous vous êtes réveillée aux joies éternelles. Nous n'entendrons plus parmi nous cette voix chérie qui consolait le cœur de la veuve, avertissait l'àme oublieuse , inspirait l'amour de Dieu, et ne prononçait jamais que des paroles de tendresse et de paix pour tous : vous jouis-

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