‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 20 sur 94 · CHAPITRE VII Ifi^J · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII Ifi^J

sez maintenant de la récompense promise à ceux qui ont guidé les autres dans le chemin de la justice ; vous êtes couronnée par celui qui a dit : Us brilleront comme les astres pendant l'éternité.

« La matinée de ce jour fut d'une beauté inaccoutumée. Quand les teintes rosées de l'aurore commencèrent à resplendir au ciel, l'àme de Rebecca sembla se réveiller de cette torpeur qui précède souvent la mort, et qui, s'étant appesantie par degrés sur elle, lui avait apporté du calme pendant la nuit. Elle me montra du doigt, juste en face de sa fenêtre, un léger nuage, tout baigné de lumière et de soleil; et souriant d'un doux sourire : « Chère sœur, me dit-elle, si ce rayon de gloire est si délicieux, que sera donc la présence de notre Dieu dans le ciel ! »

« Alors elle se mit à réciter avec moi nos prières de tous les jours : le cantique Te Deurn et le psaume Miserere mei , Deus , et une partie de l'office de la communion. Elle disait : « Nous vous louons et nous vous glorifions avec les anges et les archanges et tous les habitants des cieux. Ce jour est le jour précieux du repos. Chère sœur, croyez-vous que ce soit ici le jour de mon bienheureux repos?... Ah! vous m'avez désappointée hier, quand vous m'avez dit que mon pouls était plus fort Mais Celui qui a promis est fidèle. Je puis bien l'assurer, il est fidèle... w Nous parlâmes ensuite de la douce et constante tendresse que nous avions eue l'une pour l'autre, et nous demandâmes avec ferveur à Dieu que cette délicieuse affection, commencée sur la terre, reçût son perfectionnement au ciel. « Et maintenant, dit-elle, tout est prêt. Fermez les fenêtres, chère

sœur, et remettez ma tète tout doucement sur Foreiller, pour que je puisse un peu dormir. » Ce furent là ses propres paroles. Je lui dis : « Ma chérie , je n'ose pas vous remuer, si je n'ai quelqu'un pour m'aider. — Et pourquoi donc pas? dit-elle , tout est prêt. » Elle comprit alors que j'avais peur de ce qui pourrait arriver si je la remuais. Ma tante entra dans sa chambre. Comme je vis qu'elle désirait tant qu'on la remuât , je soulevai sa tête, et je l'attirai un peu vers moi. A ce moment, elle poussa de grands soupirs , et elle passa entre mes bras , en moins de quelques minutes, sans un gémissement. Celui qui sonde les cœurs, et qui connaît la source de nos tendresses les plus intimes, celui-là seul sait ce que je perdis en cet instant. Mais la pensée du bonheur inexprimable qu'elle allait posséder me fit imposer silence à la voix de la nature. Maintenant mon âme tend avec ardeur vers le but et vers la récompense de sa haute vocation dans le Christ Jésus. »

La mort d'une sœur^, d'une amie si chère et si dévouée, privait Elizabeth de son meilleur appui, au moment où sa résolution d'embrasser la foi catholique allait soulever contre elle toute sa famille . Dieu lui enlevait un à un ses soutiens naturels ; mais il lui avait appris dès longtemps à demander sou secours là où il ne manque jamais. Nous la verrons qui recevra d'en haut la force qu'elle y a cherchée. Elle traversera de rudes épreuves sans y succomber. Pour entrevoir dès ce moment les assauts qu'elle va subir, souvenons-nous qu'à l'époque où elle vivait , non moins qu'aux jours d'un passé plus lointain, l'aversion contre les catho-

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