CHAPITRE VIII
dérobent la lumière; mais je me tiens étroitement attachée à mon Dieu ; je demeurerai ainsi jusqu'à mon dernier soupir, implorant celte lumière jusqu'à ce que je l'aie trouvée. »
Au moment où Elizabelh s'entretenait avec M"* Amabilia Filicclii dans cette confiance et cette liberté d'esprit, l'influence de sa famille et celle de Henry Hobart n'avaient point encore agi sur elle. Il n'en était plus ainsi quelques jours plus tard , lorsqu'elle prépara , pour l'envoyer à Tévêque de Baltimore , la lettre que voici : *^
« Révérend Monsieur ,
« La lettre de M. Filicchi , que je joins à celle-ci , vous fera connaître le motif qui me fait prendre la liberté de m'adresser à vous. Depuis longtemps M. Filicchi m'a donné les preuves de l'intérêt le plus amical, en s'eiforçant d'éclairer et d'instruire mon esprit. Dès la première impression de crainte que j'éprouvai d'être dans l'erreur, ou dans une église fondée sur l'erreur, mon cœur se troubla, et je résolus de faire toutes les recherches possibles pour m'éclairer. Les livres que M. Filicchi mit sous mes yeux me convainquirent pleinement que l'Église épiscopalienne protestante repose uniquement sur les principes et sur les passions de Luther ; qu'elle est par conséquent séparée de l'Église fondée par Notre-Seigneur et ses apôtres , puisqu'elle ne peut rattacher par une succession régulière ses ministres à ces mêmes apôtres, et par eux à Notre-Seigneur.
178 ELIZ.VBETH SETON
« Ne pouvant supporter la peusée d'être si loin de la vérité, je pris la résolution de me séparer de leur communion et de m'unir à la vôtre. L'accomplissement de ce désir devint le plus cher de mes vœux ; et dès l'instant où je fus convaincue que votre Église était la véritable Église, mon âme , accoutumée à chercher son suprême appui en la grâce de Dieii, n'éprouva aucune peine à admettre les points contestés sur lesquels vous différez d'avec nous. Je suis demeurée dans ces sentiments jusqu'à mon arrivée à New- York. Là, par égard pour le conseil de M. Antonio Filicchi, — celui qui m'a accompagnée en Amérique , — et par déférence pour mes anciens pasteurs, mes amis, de qui j'avais reçu les premiers principes de ma foi, j'entrepris de leur exposer mes objections contre leur communion. Je puis vous assurer que sur cette affirmation qu'ils tirent leur origine de Luther, et qu'ils ne peuvent se prévaloir d'une succession régulière du Christ et des apôtres, je me sentais tellement persuadée, que j'aurais cru les abuser si je leur avais laissé le moindre espoir de me faire changer de conviction. A mon plus grand étonnement, ils me donnèrent des preuves certaines, positives, que je m'étais trompée dans cette affirmation. Sans doute vous me ferez remarquer que je devais m'attendre à rencontrer de l'opposition, puisque j'étais en face de deux partis opposés. Cela est évident; et si l'opposition n'avait eu trait qu'à la transsubstantiation ou à tout autrs point du dogme, soyez certain que ma foi n'aurait hésité sur aucun des articles que votre Église m'a proposés jusqu'ici. Mais c'est le fondement même des principes que j'avais à l'égard