‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 31 sur 94 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

du Ciel l'aide toujours à accomplir la sainte' et divine volonté, et le conduise dans le royaumii cj'^Ieste, Vraiment c'est ce que je demande aussi pour vous, et souvent avec larmes.

(( Vous ne sauriez imaginer une créature plus dépourvue de secours extérieurs que moi en ce moment. Plus de chère église, plus aucune de ces consolations qui y sont attachées. Mais au milieu des difficultés sans nombre qui sont accumulées en ce moment sur mon chemin , Lui, qui vit en mon cœur même , ne permet pas que j'oublie jamais que ce que je sème aujourd'hui dans les larmes, certainement je le récolterai dans la joie. Cette certitude m'est si constamment présente, elle m'aide à marcher d'un pas si léger à travers les ronces et les épines, que je m'arrête parfois tout à coup au milieu de ma course pour invoquer mon cher Sauveur, et le supplier de m'assurer que ceci n'est pas une tentation , et qu'il n'a pas permis à mon ennemi de me persuader que la paix est là où il n'y a pas la paix... Il me répond toujours de ne rien craindre. — « Puisque ta paix , me dit -il, est eii moi seul, elle ne peut être une fausse paix. » — Du temps que j'étais la femme du cher William , je le voyais qui se lamentait quelquefois de ce que j'en faisais trop ; et c'était mon bonheur de lui répondre : « L'amour rend le travail léger, » — Avec combien plus de bonheur ne dois-je pas Lui parler de même, à Lui qui m'est tout à la fois père, époux, frère, ami!

« Comme vous savez, je ne. puis rien avoir à vous conter, cher frère, que de ma petite, peu intéressante personne. Il faut que vous me pardonniez cet égoïsme,

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et que vous me disiez, d'après cet exemple, tout ce que vous pouvez de votre âme et du reste. Et maintenant, cher Tonino, prouvez moi votre vraie affection, en usant de tout votre pouvoir pour caser quelque part mes deux pauvres garçons, si c'est possible. Si vous pouviez savoir dans quelle position ils sont ici , rien que votre amour pour leur âme, indépendamment d'aucun intérêt particulier pour moi, vous porterait à avoir pitié d'eux. Forcés comme ils sont d'entendre jeter le ridicule sur notre sainte religion, la moquerie sur notre Église et sur ses ministres , leur esprit est sans cesse menacé du poison des mauvais principes de toute nature. Il n'est pas possible que je sois toujours là pour arrêter le mal , ni même pour le voir.

« J'ai appris avec beaucoup de chagrin la maladie de M. Matignon, auquel je demande la permission d'offrir les plus affectueux respects. Avec ceci, vous trouverez une lettre pour notre cher et vénéré M. de Cheverus. Je tremble toujours, quand je ne puis pas vous faire voir mes lettres. J'ai si peur de n'être pas assez respectueuse dans mes expressions! Vous le savez, mon cœur quelquefois m'emporte au delà des limites. Si cela m'est arrivé cette fois-ci , demandez indulgence pour moi. »

De nos jours, tel est l'esprit tolérant qui règne aux États-Unis, qu'on y voit partout les enfants des meilleures familles protestantes qui remplissent non-seulement les écoles dirigées par des laïques catholiques , mais encore les collèges et les couvents où l'éducation leur est donnée par des prêtres et des religieuses. Ce

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