‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 35 sur 94 · ELIZABETH A CECILIA SETON · texte numérisé non relu

ELIZABETH A CECILIA SETON

2 mars 1806.

« Oh! si j'avais les ailes de l'ange de la paix pour visiter mon enfant chéri , la tristesse et la souffrance prendraient la fuite ; ou si elles avaient ordre de rester près de vous, Cecilia, comme les messagères de notre Père miséricordieux, envoyées par ses tendres soins pour vous détacher de cette vie de tentation et de misères, et vous préparer à la possession de la béatitude qui ne connaît pas de déclin, je vous rappellerais, ma sœur, l'exemple de Celui qui a choisi les souffrances et les angoisses pour être ses chères compagnes, depuis sa crèche jusqu'à la croix où il a voulu mourir pour nous ; je vous aiderais à séparer votre cœur des pensées de ce monde, à courber ce corps de péché sous le châtiment qu'il mérite, et à implorer cette grâce sanctifiante qui tranformc les peines du

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temps en une gloire immortelle. U Dieu ! si nous pouvions nous animer l'une l'autre à nous souvenir de ces préceptes divins que nous lisions ensemble pendant l'heureuse et dernière nuit que je passai à veiller à côté de vous !

« Ma Cecilia, je vous en supplie, offrez toutes vos peines, toutes vos contrariétés à notre adorable Rédempteur, afin qu'il les unisse avec les souffrances, les délaissements, les angoisses qu'il a endurées pour nous sur la croix. Suppliez-le de laisser tomber sur vous une goutte de ce sang précieux qu'il a répandu pour nous fortifier, nous éclairer, et qui suffira seul à soutenir votre âme en cette vie, tout en lui assurant dans l'autre vie son salut éternel. Il connaît notre faiblesse et les défaillances de notre cœur. Ainsi qu'un père qui s'attendrit sur ses enfants, notre Dieu a pitié de nous. N'a-t-il pas déclaré lui-même qu'il n'abandonnerait jamais l'âme qui se confie en son nom ! » »

Le premier soin de Cecilia rétablie de sa maladie, fut de chercher les moyens de s'éclairer des vérités de la foi telles que les enseigne la vraie Église de Jésus- Christ. Dès ce moment, ce qu'on avait pu prévoir arriva, et jusqu'à l'excès: menaces, emportements, reproches affectueux, tendres caresses, tout fut mis en œuvre, et tout échoua. Que ne peut l'égarement d'un zèle aveuglé, même chez les meilleurs! On enferma Cecilia dans une étroite réclusion ; elle demeura séquestrée à différentes reprises, pendant plusieurs jours, tandis qu'on la menaçait de rigueurs plus grandes si elle ne promettait pas de rompre toute relation avec

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celle qu'on appelait la corruptrice de son esprit. Un vaisseau se trouvait dans le port de New- York, prêt à faire voile pour les Indes occidentales; on alla jusqu'à feindre de prendre les mesures nécessaires pour l'y embarquer. Épouvantemenls sans objet, pressantes obsessions, c'était peu encore; on tortura son cœur, en lui représentant qu'elle serait cause de la ruine totale d'Elizabetii, qu'on pourrait priver de son pain, elle et ses enfants, en obtenant de la législature de New-York qu'elle fût expulsée de la ville.

L'intrépide Cecilia, convaincue qn'il n'est si redoutable malheur, ni si grand avantage humain , en droit de s'interposer entre la conscience et Dieu, fit comprendre qu'elle était prête à tout sacrifice. Le Tout- Puissant la soutint , et disposa les voies de telle sorte , que, malgré des obstacles de toute nature, elle fut admise au sein de la vraie Église, le 20 juin 1806.

Sitôt qu'elle eut déclaré qu'elle était catholique, et que rien ne serait capable de rompre ses nouveaux liens, ses parents lui signifièrent qu'elle eût à sortir de chez eux pour n'y jamais reparaître. Sous le poids d'un arrêt si rigoureux, cette délicate et frêle enfant, l'idole jusqu'à ce jour de toute sa famille, fit preuve d'une fermeté digne des premiers siècles chrétiens. Abandonnée de ses protecteurs naturels, navrée de la colère de ceux qu'elle ne pouvait s'empêcher de chérir, elle quitta silencieusement la demeure qui la repoussait. Se glorifiant en son cœur d'un dénûment pareil au dénûment du Sauveur qui disait : Les renards ont leurs tanières^ les oiseaux ont leurs nids, mais le Fils de l'homme na pas une pierre où reposer

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5a tête, elle alla frapper à l'humblt' j)orto d'Elizabelh. Celle-ci, est-il besoin que nous le disions, la reçut à bras ouverts. En l'accueillant, elle accomplissait un devoir, le plus donx de tous les devoirs, et le plus périlleux pour elle.

Ce qu'il nous faut dire maintenant, peut-être avonsnous pensé à le laisser dans l'oubli. Mais c'est la fidélité du récit « de n'oser rien dire de faux , de n'oser rien taire de vrai^ ». Ceux dont Elizabeth avait déjà tant soufl'ert se conjurèrent pour la perdre. Plus ardents qu'eux tous , ses anciens pasteurs , l'évêque Moore et Henry Hobart, les mêmes qui , naguère encore, n'avaient cessé de lui dire : « Agissez selon votre propre sens, et faites ce qui vous semblera le mieux d'après votre propre jugement'-,» démentirent leurs paroles si formelles et se déchaînèrent contre elle. Sourds à la justice et à la pitié, ils allèrent trouver une à une les personnes qui lui avaient confié leurs enfants : celles qui avaient quelques droits à être écoutées de M. Harris, celles enfin qui pouvaient lui nuire ou lui être utiles de quelque manière que ce fût. Là , non contents de répandre contre elle l'injure et la calomnie , ils insistèrent avec autorité pour qu'on ne laissât plus près d'elle aucun enfant, et pour qu'on l'abandonnât d'une manière absolue. On ne saurait dire vraiment jusqu'où leur fanatisme les aurait conduits, si la Providence n'avait permis que les lois de l'État de New-York, si

• C'est uu philosophe ancien, Cicéron, qui a défini cette belle loi <Ie l'histoire et de tout rédt consciencieux.

2 Voir la lettre d'Elizabeth à Antonio Filicclii, le s seplemhve I804, page 188.

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dures contre les catholiques , n'eussent été abolies précisément cette même année 1806.

Au point de vue des intérêts matériels, la position d'Elizabeth fut, dans ce premier moment d'excitation , plus menacée que sérieusement atteinte; mais d'autre part, la vie devint pour elle un martyre continuel. Elle n'y succomba pas , la grâce divine se proportionne à nos épreuves; combien de fois elle l'éprouva! Le Maître pour qui elle avait immolé tant d'espérances et d'affections, lui fit sentir la vérité de ses promesses. Quiconque, lui avait-il dit, aura tout quitté pour l'amour de moi, sa maison, ses fixeras, ou son père, ou sa mère, on sa femme, ses enfants, ou ses terres, en recevra présentement cent fois autant, au milieu des persécu tions, et aura la vie étemelle K Dès ici-bas, il lui donna de nouveaux amis, dont le dévouement l'aida pour supporter l'abandon de ses proches. La tendre protection des admirables Filicchi l'accompagna parmi ses épreuves. Les consolations de la foi firent surabonder la joie dans son âme. Son courage se revêtit d'une nouvelle vigueur lorsqu'elle eut devant les yeux l'exemple de Cecilia , qui portait avec une énergie étonnante une croix non moins pesante (jue la sienne. Pour l'entourer le plus qu'il se pouvait de dévouement et d'amitié, Antonio Filicchi avait mis à profit la durée de son séjour errant en Amérique. Son temps s'y était partagé entre New-York, Philadelphie, Boston et Baltimore. Dans ces deux derniers endroits, il avait eu d'étroites relations avec M. de Cheverus, M. Mati-

1 s. Marc, cl;, x.

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gnon, elavec l'évêque John Carroll. Tous connaissaient et admiraient sa chère convertie, bien qu'aucun d'eux ne l'eût encore vue. (le qu'Antonio leur rapporta de ses infortunes et de ses vertus intéressa leur piété à s'occuper constamment d'elle. Sans la voir, ils la dirigeaient, ils l'encourageaient; ils étaient ses guides fidèles. La distance de New- York à Baltimore et à Boston permettait le rapide échange des lettres. Entre Elizabeth et ses amis si soigneux, c'était bien la séparation , mais ce n'était pas l'absence.

Le soin de sa direction de chaque jour, elle l'avait confié à M. Tisserand , prêtre français , que M. de Cheverus lui avait désigné comme « infiniment digne de respect, aimable, et non moins distingué par sa science que par sa piété « . Le révérend Michaël Hurley, religieux de l'ordre de Saint-Augustin, récemment arrivé d'Europe, attaché à la paroisse de Saint- Pierre, prenait, lui aussi, un sérieux intérêt à ses affaires spirituelles. Ce fut lui qui instruisit Cecilia, et qui dirigea ses pas lorsqu'elle demanda d'être admise au sein de la vraie Église. De leur côté, M. et M™' James Barry, catholiques irlandais, fixés depuis longtemps à. New- York, cœurs vifs, sincères, expansifs, s'étaient attachés à Elizabeth. Leur liaison avec elle datait du temps de sa conversion. A partir de ce jour, ceux qui l'aimaient furent souvent appelés à lui en donner des preuves. Chaque fois qu'il se présentait quelqu'une de ces occasions que l'^imitié envers des heureux envie à l'amitié dévouée au malheur, les Barry savaient la saisir avec cette bonne grâce, cette générosité et cette chaleur (jui sont la nature même du

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caractère irlandais. Leur piété avait bien les traits propres au génie de leur pays, ardente et communicative. A la régularité de leurs moeurs, ils unissaient beaucoup d'aménité. D'aimables enfants, et des parents plus âgés qu'eux , animaient leur intérieur ; leur maison était agréable et bospitalière ; c'était là que le clergé de la petite congrégation catholique de New- York trouvait à se réunir. L'évêque de Baltimore entretenait des relations suivies avec cette famille. Tous ceux qui la connaissaient la respectaient et l'aimaient.

Telles étaient les amitiés, tels étaient les nouveaux trésors que possédait Elizabeth au moment où le départ d'Antonio Filicchi allait mettre le temps et la distance inexorable entre elle et cet incomparable ami.

ELIZABETH A .4JST0M0 FILK.CIII

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« Mon cher frère pensera que je suis bien négligente de n'avoir pas répondu plus tôt à sa bonne et affectueuse lettre; mais ne pouvant rien vous mander de M. Tisserand, j'attendais de jour en jour d'apprendre de ses nouvelles. Aujourd'hui je viens de recevoir une longue lettre qu'il m'adresse pour vous; le résumé en est qu'il s'attend à partir, selon toute apparence, dans une dizaine de jours, en même temps que i\I. et M"* Belain, à bord du Sea-maid, capitaine Hovard. Mais cela n'élait p;is absolu ment décidé. Il répète

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(ju'il se flatte toujours que vous J«!S accompagnerez, et finit en disant que c'est le plus grand désir de M. et M"* Belain que vous sachiez combien ils souhaitent votre compagnie, combien ils souhaitent vivement de vous connaître; parce que, assurent-ils, ils connaissent très-bien votre caractère par ce qu'ils ont entendu d'une de vos intimes amies. Vous savez quelle est la partialité des amis, Tonitio ! . . .

« Imaginez combien j'ai élé heureuse cette semaine, sous la direction de notre très-cher évêque, favorisée le dimanche après Pâques du don auquel j'aspirais depuis si longtemps'. Vous me croirez, si je vous dis que votre présence seule manquait pour que tant de bonheur fût complet. M. Tisserand n'a pu se trouver là. C'est M. Kelly- qui m'a lenu lieu de parrain, par procuration, à sa place, il a ajouté le nom de Marie à mes noms d'Anna et d'Elizabeth. Ces trois noms, ainsi réunis, réveillent dans l'esprit les pensées les plus encourageantes ; ils sont le Mémento des mystères de notre salut. Revenez-vous? Oh! hâtez-vous avant que notre évêque ne nous quitte, cher Antonio. Je ne vous retrouverai que pour vous voir partir, et après nous ne nous verrons plus jamais sur cette terre... 11 faut que cette lettre parte. Je suis forcée de me hâter, sans quoi vous me feriez encore des reproches par le prochain courrier. L'évêque CarroUdit que vous devez vous dépêcher autant que possible, afin qu'il puisse vous voir. »

1 Le don du sacrement de la Confirmation.

2 Vu des prêtres de la congrégation catholique à New -York.

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ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI

10 août 1806.

« Mon cœur vous a suivi à travers le passage de l'Atlantique. Que de prières, que de prières il a déjà adressées à Dieu, et avec quelle ferveur, pour demander qu'il vous conduise et vous fasse arriver en sûreté! J'ai traversé une véritable mer de chagrins et d'inquiétudes, depuis que vous m'avez quittée; mais l'étoile qui me guide n'a pas cessé d'être brillante, et le Maître qui commande à la tempête n'a pas cessé d'être visible. La colère des S*" T*", etc. en voyant que Cecilia était non-seulement catbolique, mais aussi ferme que le roc sur lequel elle avait bâti, ne peut se décrire. Ils la menacèrent de l'expulser du pays, de me réduire à la mendicité, moi et mes enfants, et encore bien d'autres menaces, — des absurdités, comme vous les appelez, — qui ne valent pas que je les redise. Ils ont tenu une réunion de famille, dans laquelle il a été résolu que si elle persévérait, chacun d'eux, individuellement, se considérerait comme engagé à ne jamais plus nous adresser la parole à l'une ni à l'autre, ni à ne [)lus jamais souffrir qu'elle passât le seuil de la maison d'aucun d'entre eux.

« Dans la matinée du jour où l'on devait la chasser si elle ne cédait pas à ce qu'on lui demandait , de très-bonne heure, elle a fait tranquillement un paquet de quelques-uns de ses vêtements, et elle s'en est venue chez moi , où pIIo a été suivie par les lettres et les

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accusations les plus injurieuses contre notre foi, contre la bigoterie, la superstition, les mauvais prêtres, etc.. M. Hurley s'est montré en tout ceci comme un ange, et aussi comme notre véritable ami. Autrement comment votre pauvre petite sœur aurait-elle su ce qu'elle devait faire! Mais le Dieu tout-puissant pourvoit à tout. C'est devant lui que je porte ma cause. »

.VNTOiMO FiLICCm V ELIZ ABETI! SETON

Londres, 5 septembre 1800.

« Ma bien-aimée sœur,

« Bien que je n'aie point de lettres de vous, bien que paresseux, bien que défiant de moi-même, bien qu'un enfant dans votre langue, ou plutôt un pauvre vieil ignorant, voici une courte lettre écrite en anglais par votre vrai et solide ami et frère. J'espère que votre santé est bonne. La mienne, comme de coutume, est parfaite. J'ai eu la bonne fortune inattendue de n'être malade en mer que pendant la moitié seulement de notre passage jusqu'à Bristol, qui a duré quarante- trois jours.

a Dans cette immense ville de Londres, j'ai eu bien de la peine à découvrir M. Tisserand. Il demeure loin de moi, à une distance de six milles' , et jusqu'à présent il ne nous a été possible de nous rencontrer l'un l'autre qu'une seule fois. Il demande quon le rappelle à votre souvenir; mais je Ini ai dit qu'il faut qu'il vous écrive lui-même. Vous le reverrez bientôt en Amérique.

< l,e mille anglais est de 1600 mètres.

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« Je pense que j'irai la semaine prochaine à Liverpool, et que le mois prochain je serai de nouveau sur mer, en route pour m'en revenir chez moi par la Hollande. Durant ce temps, si je suis assez heureux pour recevoir de vous, ou de vos enfants, quelques lettres demandant une réponse immédiate; si cette réponse ne vous arrivait pas , ne soyez pas effrayée de ma paresse. Je ne manquerai pas à mes engagements. Ils sont sacrés pour moi. Et comme je suis persuadé que vous me conduirez avec vous, ou après vous, au ciel, je suis résolu à vous conduire saine et sauve à travers les troubles de ce monde. Il faut que tous vos besoins me soient connus. Les soulager sera l'orgueil de mon âme, et mon meilleur passe -port pour le dernier voyage. Je m'en remets pour cela aux soins de M. James Barry, à qui vous voudrez bien présenter mes respects, ainsi qu'à M"" Barry. J'espère qu'ils ont tout arrangé comme il convient, avec l'évêque de Georgetown ^

« Voire ami et frère pour toujours. »

ANTO.MO FILICCUI A ELIZABETII SETON

Londres, 3 novembre 1806.

« Chère sœur ,

c( J'ai reçu, il y a seulement quelques jours, votre lettre du 10 août si longtemps attendue. Si, ceux qui

I Antonio veut dire ici, M. CarroU, évétiue de Baltimore, fondateur du Collège de Georgetown.

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sont dans les pleurs méritent d'être appelés bienheureux , vous , ma bien-aimée sœur, vous êtes en effet bienheureuse. Courage et persévérance ! Vous le savez, la couronne de glorieuse immorlalité attend ceux-là seulement qui auront persévéré jusqu'à la fin. Sans vous sentir arrêtée par la vaine pitié de qui que ce soit, laissez votre nouvelle sainte, Cecilia, laissez-la venir prendre rang dans votre famille bienheureuse, et priez pour vos persécuteurs. Votre modération, votre charité, votre courage, votre piété, les feront rougir à la fin. Dieu est votre protecteur. Et moi, votre ami, ne le serai-je pas aussi? Qui donc pourriez- vous craindre? Mon bon ange gardien m'a suggéré d'adresser à mes amis Murray la lettre que je joins à celle-ci, et que je laisse ouverte afin que vous la lisiez , et qu'elle serve à réconforter votre cœur. Ils auront promptement égard, j'en suis certain, à la requête que je leur adresse. Pardonnez mon style laconique; je vais quitter Londres dans un instant pour Gravesend et Rotterdam, en chemin pour revenir chez moi; et le temps m'échappe à ce point que je suis forcé de manquer de parole à M. Tisserand , près duquel je vous prierai de m'excuser lorsque vous aurez occasion de le voir. Adressez-moi vos lettres à Livourne. Il faut que vous me teniez au courant de tout , sur vous, sur votre famille et sur votre Cecilia, que j'admire tant. Plus vos lettres seront longues, plus elles seront agréables à votre véritable ami et frère. »

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LETTRE D ANTONIO FILirX.HI A MM. MURRAY , INCLUSE DANS

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