‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 57 sur 94 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Dieu. Ah ! qu'est-ce que je deviendrais si je ne me sentais pénétrée de cette confiance que m'inspire Jésus! Je ne vois souvent devant moi que ténèbres et que tristesse; mais c'est alors que l'àme s'attache étroitement à son adoré Seigneur, étroitement, plus que jamais ! »

1" mars.

« Le mois ^e février est passé, et ma pauvre machine ébranlée est encore debout; mais je sens d'un cœur joyeux, — d'où ce changement peut-il venir? — je sens que je m'affaiblis tous les jours, et je suis heureuse en pensant que quelques semaines mettront fin à tout. Que m'est le monde entier aujourd'hui?... Le voilà qui s'évanouit comme une fumée... Jour, nuit, soleil, pluie, ce m'est tout un; mes regards sont fixés sur le jour éternel. La souffrance est devenue mon repos. Jamais mes nuits ne s'écoulent plus doucement que lorsque je les passe dans la veille et le malaise. Mon très-cher Seigneur, que vous êtes bon pour moi! Vous avez véritablement exaucé ma prière en me donnant de souffrir pour vous; en me donnant d'expier mes péchés, et d'espérer qu'à l'heure de la mort je passerai de ce monde entre les bras de votre miséricorde. Oh! combien est précieuse maintenant chaque heure du temps qui me reste ! Pas un instant n'en doit être perdu! Chaque pensée, action, parole, ne doit plus tendre qu'à un seul objet.

« La dernière confession que j'ai faite m'a laissée sous une impression de paix que mon âme n'avait plus

no ELIZAHETH SETON

connue depuis le départ de notre douce, chère Henriette. La mort ne m'apparaît plus sous cet aspect effrayant. Je puis maintenant y penser, méditer sur elle avec un grand calme. Mes souffrances de chaque jour me deviennent, je le vois, d'heure en heure plus précieuses, bien qu'il m'arrive quelquefois de me sentir comme épuisée, et même de souhaiter d'être délivrée. Mais je vois plus souvent encore, qu'au milieu de mes souffrances les plus douloureuses, je prie avec ferveur Notre-Seigneur qu'il ajoute encore à la part qu'il m'a faite , afin qu'il me purifie et qu'il me prépare pour lui-même. Je ne saurais m'empêcher de croire, d'après la nature même de mon mal, que j'approche rapidement du terme de mon exil. Le pèlerinage a été pénible. La montagne a été bien rude à gravir ces derniers mois. Je n'en soupire que plus ardemment après le port du repos. Mais, ce port, l'atteindrai-je jamais?... N'y a-t-il pas encore bien des péchés en moi qui n'ont pas été expiés ? S'il en est qui me soient restés inconnus, j'ai confiance que mon Jésus voudra bien éclairer d'un rayon de sa lumière mon indigne cœur. Jusqu'à ce que cette heure se lève, la crainte, le doute, resteront là ! mais Jésus parle paix et consolation. »

5 mars.

« Les jours où je suis privée de la sainte communion, je ne suis plus la même créature. Je sens tellement plus de consolations maintenant qu'autrefois, dans mes communions ! Selon nos besoins, // nous donne. La mort et l'éternité sont constamment devant

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